Les Irlandais ont une expression toute faite, pour ça. Un acronyme en fait, qui est, apparement, utilisé de temps en temps, dans leurs débats politiques. Il a été inventé, il y a une vingtaine d'années à l'occasion d'un fait divers qui a marqué le pays. Mais hier, c'est un analyste de la banque Nomura, basé à Londres (spécialiste du secteur bancaire) qui la reprise à son compte pour décrire la situation, aujourd'hui, de l'Espagne: c'est G.U.B.U. ("GUBU", si je prononce à la française). G.U.B.U. pour "Grotesque, Unbelievable, Bizarre et Unprecedeted". Traduction: "grotesque, incroyable, bizzare, et sans précédent". C'est GUBU! (A replacer dans vos conversations.). Faisons plus simple et plus grave: l'Espagne va mal. Et s'enfonce chaque jour un peu plus dans la crise. Comme l'Irlande, il y a 2 ans, le pays est en train d'être emporté par ses banques (ce qui contredit, au passage, l'idée que la situation soit totalement "sans précédent"). La bourse de Madrid a terminé, hier, à son plus bas depuis mai 2003. Le cours de Bankia, la "grande banque malade" de l'Espagne, perdait jusqu'à 30%, en début de séance, avant de se redresser un peu. C'est bien elle, en tout cas, qui provoque la panique depuis quelques jours, et surtout depuis vendredi, et son appel au secours. Elle réclame à l'Etat espagnol plus de 20 milliards d'euros d'aides d'urgence. Le gouvernement, à Madrid, a accepté mais c'est là que la situation devient franchement GUBU parce l'Espagne n'a pas l'ombre d'un euro en poche, pour sauver sa banque. Pire: d'autres sauvetages d'urgence pourraient devoir être organisés: ceux de 3 nouvelles caisses d'épargne, ceux d'autres banques encore (on commence à parler d'un besoin total de financement compris entre 50 et 60 milliards). Avant, peut-être, le sauvetage de plusieurs régions (administratives) espagnoles, elles aussi en grande difficulté. Hier, Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol, au cours d'une conférence de presse, organisée à la hâte, a répété que son pays pouvait, malgré tout y arriver seul. Ssans l'aide de ses partenaires européens, mais en s'endettant sur les marchés. Problème: les taux d'intérêts espagnols s'envolent. L'écart avec l'Allemagne (la référence en Europe) est à niveau record (500 points de base). Le gouvernement espagnol s'en remet, du coup, à la Banque Centrale Européenne. Elle semble la seule, aujourd'hui, capable d'éviter le pire, à l'Espagne. Par exemple, en reprenant, ses rachats de dette espagnole, comme elle le faisait il y a quelques mois encore.

Bonne nouvelle? Incroyable: le retour à la retraite à 60 ans coûterait bien moins cher que prévu. C'est une information des Echos, ce matin. La promesse de François Hollande -le retour à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans-... la mesure coûterait 2 milliards par an, Et non pas 5 milliards, comme avancé jusqu'ici. Les Echos ne précise pas qui a établit ce nouveau chiffrage: il ne serait pas totalement finalisé. On se demande, en tout cas, si c'est une bonne nouvelle pour le gouvernement puisque les syndicats vont , sans doute, se servir de cette nouvelle estimation, pour réclamer des conditions d'attribution les plus larges possibles.Aujourd'hui, Jean-Marc Ayrault reçoit, un à un, les partenaires sociaux à Matignon.Mauvaises nouvelles! La vague, à venir, des plans sociaux: ce sera l'un des principaux thèmes de discussion: selon l'observatoire Trendeo, les annonces de fermetures d'entreprises s'envolent depuis le début de l'année: +47%,par rapport à la même période, l'année dernière. La France perd "une dizaine d'usines par mois", selon cet observatoire.

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