Cette fois encore, Jérôme Cahuzac aura appris la nouvelle, en regardant la télévision. Il y a 1 an, en pleine campagne présidentielle, et alors qu'il était chargé du projet fiscal du candidat Hollande, c'est à la télévision (on s'en souvient) qu'il avait découvert cette promesse "surprise": une taxe à 75% sur les revenus supérieurs à 1 million d'euros. Hier soir, une semaine après sa démission forcée du gouvernement, c'est donc en regardant la télévision qu'il a dû découvrir l'arbitrage final du Chef de l'Etat. Il s'y attendait. Finalement, cette taxe ne sera pas payée par les riches contribuables, mais, directement, par les entreprises. Maigre consolation pour l'ex-ministre du budget, qui n'a jamais apprécié cette taxe. François Hollande a donc tranché, hier soir, le dilemne qui s'imposait à lui depuis la censure du Conseil constituitionnel, et sa traduction par le Conseil d'Etat. C'était celui-ci. Soit il maintenait l'idée de taxer les contribuables les plus riches ("l'esprit" de sa mesure, qui lui a tant servi politiquement, l'année dernière, face à Nicolas Sarkozy, et Jean-Luc Mélenchon), mais, du coup, il devait renoncer aux 75%, considérés comme "confiscatoires". Le taux qu'il aurait pu afficher n'aurait pas dépassé les 60%. Soit, 2ème solution, il gardait le symbole (les 75%, mais aussi le seuil du "million" d'euros), mais alors changeait la nature de l'impôt. C'est, donc, le choix qui a été fait, hier soir. Finalement, ce sont les entreprises qui paieront. Et non plus, les contribuables les plus riches. Le mécanisme devrait s'approcher, en fait, de celui mis en place par le gouvernement Fillon, en 2009, pour taxer les bonus des traders, dans les banques. Dans le cas de la taxe Hollande, au-delà d'un million d'euros, l'employeur devra payer une nouvelle contribution, qui s'ajoutera aux cotisations sociales "classiques". C'est le tout (taxe + charges) qui atteindra 75%. La conséquence évidente, c'est que le salarié est, avec cette formule, totalement épargné! Alors François Hollande, hier soir, a anticipé la remarque: il pense, espère, que les entreprises, faisant le calcul, choisiront, finalement, la modération. Mais le salaire moyen des patrons du CAC40, c'est 3 millions d'euros par an, aujourd'hui. On les voit mal accepter de passer "sous le million", pendant 2 ans (la durée de la taxe) pour éviter cette surtaxation, à leur entreprise! Les moyens de la contourner, par ailleurs, sont nombreux. Et puis, dernière limite, et non des moindres: en taxant, finalement, les entreprises, les artistes, les sportifs, les professions libérales et les indépendants pourraient totalement échapper à cette taxe à 75% "nouvelle formule"!

Plus profond. Le déficit public de la France a dérapé... dès l'année dernière!. C'est l'INSEE qui vient de le révéler. Le déficit publique de la France, en 2012, a atteint 4,8% au lieu des 4,5% prévus. C'est une surprise: jusqu"ici le gouvernement affirmait que l'objectif serait tenu, à 1 dizième près, et que c'est à partir de cette année, 2013, que ça deviendrait impossible. C'est raté, selon l'INSEE ce matin.Mesures. Les annonces du Président de la République, hier soir. On y vient. le Chef de l'Etat a annoncé, une simplification des démarches administratives notamment. Une réforme de la formation professionnelle. François Hollande, hier, a confirmé que les allocations familiales baisseront pour les ménages les plus aisés et qu'une nouvelle réforme des retraites s'impose. Elle passera notamment, a-t-il dit, par un allongement de la durée de cotisation. Autre annonce, hier, du Chef de l'Etat: un déblocage "exceptionnel" de la participation.

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