A Bruxelles, les ministres européens des Finances n'ont pas seulement débloqué des fonds pour l'Irlande, ils ont aussi doté l'Union européenne d'un dispositif permanent de gestion de crise: et ça, c'est tout à fait nouvau. Dans le même mouvement, ils tentent également d'éteindre l'incendie que certains d'entre eux ont déclenché. On l'a déjà raconté ici: tout est parti des "planches" de Deauville, mi-octobre, à l'occasion d'un Sommet franco-allemand. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy s'entendent, alors, pour que le dispositif d'entraide européen (qui doit remplacer en 2013, le Fonds créé en urgence, au moment de la crise grecque) impose ce principe nouveau: en cas de faillite d'un Etat de la zone euro, le secteur privé, c'est-à-dire les banques qui lui ont prêté de l'argent, seront mis à contribution! Pour la Chancelière allemande, c'est essentiel: le contribuable européen ne doit plus être le seul à payer. Dit autrement: le marché des dettes souveraines ne peut plus rester le seul marché où les prêteurs ne courrent aucun risque puisqu'en cas de problème, ce sont l'Europe et le FMI qui jouent aux "pompiers de service". A l'avenir, en cas de faillite (ou de difficultés) d'un pays de la zone euro, ils devront donc, eux aussi, sortir le chéquier. Par exemple, en acceptant de restructurer la dette du pays concerné. Le principe est louable sauf que c'est cette déclaration (approuvée par la France) qui va créer la panique. Les investisseurs, apprenant ça, décident de se retirer, par précaution, du marché des pays "à risque": Irlande, Portugal, Espagne. Les taux d'intérêt, du coup, grimpent à toute allure. Et, à ce jeu, c'est l'Irlande qui craque la première. Le Plan élaboré, hier soir, à Bruxelles tente donc ce difficile équilibre: faire accepter au marché le principe de devoir, un jour, payer (pour venir en aide à un pays en difficulté), mais le rassurer, en même temps, en limitant strictement sa responsabilité (histoire d'arrêter le jeu de massacre). Ca donne: une contribution du secteur privé "graduelle et au cas par cas (je vous passe les détails). C'est ce point précis qui va être, en tout cas, aujourd'hui, jugé sur les marchés. Ca passe ou ça casse. L'Irlande, sauvée, donc. L'Union européenne et le FMI débloquent 85 milliards d'euros au total. Dont 35 pour sauver les banques irlandaises. Dublin paiera un taux d'intérêt annuel de 5,8%. C'est plus que les Grecs! Riches HLM... C'est une information du journal "la Tribune" ce matin: plus de 50 mille familles, parmi les plus riches de France, habitent en HLM! 53 mille ménages exactement. Ils font partie des 10% des Français les plus riches. C'est-à-dire vivant avec au moins 11 mille euros par mois (avec 1 enfant), ou au moins 13 mille euros par mois (avec 2 enfants). Ces familles n'ont donc aucune raison d'occuper un logement social. La plupart de ces cas -qui ne sont pas forcément illégaux, d'ailleurs, puisque ces familles ont pu obtenir leur HLM à un moment où leurs revenus étaient bien plus faibles... la plupart de ces cas, en tout cas, se trouve en Ile-de-France. Pour l'Union Sociale de l'Habitat, citée par la Tribune, il s'agit, malgré tout, de situations "anecdotiques" au regard des 4,3 millions de familles françaçses logées en HLM.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.