Les chiffres donnent le tournis,comme souvent avec la Bourse. En une seule séance, hier, Sanofi a perdu quasiment 12 milliards d'euros de capitalisation boursière. 12 milliards envolés "comme ça", 12 milliards, partis s'investir ailleurs.12 milliards, c'est, par exemple, la valeur totale d'un groupe comme Publicis. La chute, à la clôture, pour le groupe pharmaceutique, est de plus de 10%. Une dégringolade qui vaut à Sanofi de perdre la première place du CAC40, au profit de Total. C'est le diabète de Sanofi, qui inquiète. L'insuline "Lantus" est, de loin, la première source de revenus pour le groupe, et lundi, Sanofi a dû reconnaître que la progression du chiffre d'affaires sur l'insuline, surtout aux Etats-Unis, allait marquer un coup d'arrêt. Sanofi parle d'un "environenment devenu difficile", de l'autre-côté de l'Atlantique. Traduction: le groupe pharmaceutique a dû rogner ses marges, après les négociations tarifaires, provoquées par la mise en place de l'ObamaCare. Mais, ce qui, sans doute, inquiète le plus, les investisseurs, c'est la bataille au sommet de l'entreprise. Le Directeur général, Chris Viehbacher est sur la sellette. Et son sort pourrait être réglé plsu vite qu'on le pensait puisqu'un nouveau Conseil d'administration est convoqué, en urgence, ce matin. Lundi, un premier Conseil s'est tenu. C'est la validation des comptes trimestriels qui était à l'ordre du jour, mais déjà des rumeurs annonçait une offensive contre Chris Viehbacher, menée par le président du Conseil d'administration, Serge Weinberg. A l'agence de presse Reuters, un témoin (semble-t-il) a raconté que le Directeur général sur la sellette a posé "avec insistance", au cours de cette réunion, la question de son avenir à la tête de Sanofi. Mais il n'a obtenu aucune réponse. Un peu plus tôt, sur leur site internet, Les Echos avait publié une lettre, signée Chris Viehbacher, et envoyée récemment à tous les administreurs: il s'étonnait de la recherche "active" -et jusqu'alors secrète- d'un successeur. La guerre est devenue publique. Les raisons? Ce n'est pas le choix du Directeur général de s'installer aux Etats-Unis qui semble en cause, mais plutôt ses méthodes. Certains, depuis quelques jours, se chargent de le charger. "Il est trop solitaire, autoritaire, secret". On rappelle, opportunément son surnom, "smiling killer". L'heure du "tueur souriant" semble venue...

Choc. Le patronat veut revoir de fond en comble le dialogue social dans les entreprises: voilà une nouvelle initiative patronale qui va faire parler. Hier soir, dans le cadre de la négociation sur les seuils sociaux (les fameux caps 10, 20 50 employés qui créent de nouvelles obligations pour les entreprises... et de nouveaux Droits pour les salariés)... dans le cadre de cette négocation, les organisations patronales ont envoyé aux syndicats leurs nouvelles propositions -nouvelles "provocations" pour certains. Le Medef et ses alliés proposent de supprimer les délégués du personnel dans les entreprises de moins de 50 salariés (l'obligation n'était pas respectée de toute façon, dit le Medef). Pour les autres (les plus de 50), ils suggèrent une fusion des Comités d'entreprises, Comités d'hygiènes, réunies dans une instance unique.

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