Vous pardonnerez l'exagération de ma comparaison mais la présentation, aujourd'hui par le gouvernement français, de son projet de Loi de financement de la Sécurité sociale pour l'année prochaine... ce projet de "budget social" (comme parfois on l'appelle), cache un dispositif qui a tout de l'esprit (sinon de l'ampleur) du Plan Paulson imaginé aux Etats-Unis pour sauver le système financier. Ce n'est pas un scoop : la Sécu est en dans le rouge, et ça ne date pas d'hier. Si bien qu'elle affiche, aujourd'hui, un déficit cumulé de presque 27 milliards d'euros. Pour éviter que cette dette pèse sur les comptes, l'Etat va annoncer aujourd'hui qu'il reprend ces 27 milliards à son compte pour les mettre dans une caisse, à part. Comme les Etats-Unis vont le faire pour les dettes "pourries" de leurs banques. Qui paiera, du coup ? Eh bien, le contribuable évidemment... via la fameuse ligne qui s'ajoute sur notre fiche de paie, chaque mois : la CRDS, la Contribution pour le Remboursement de la Dette Sociale. C'est là, évidemment, qu'on s'aperçoit que les Américains n'ont rien inventé : les "fonds de défaisance" existent depuis bien longtemps, et la France les pratique régulièrement. La CRDS, c'est Alain Juppé qui l'a créée, en 96 : à l'époque déjà, il fallait se défaire de plus de 30 milliards de dettes de la Sécu. On a donc fabriqué cette nouvelle taxe qui, -promis !- ne devait durer que 13 ans maximum. Mais, voilà, dès 97, c'est le gouvernement Jospin qui rajoute 13 nouveaux milliards. En 2004, Philippe Douste-Blazy transfère 50 milliards de plus à cette caisse. Il y a 2 ans, les parlementaires se sont fâchés, ont réclamé qu'on mette fin à cette fuite en avant. Ils ont mis en place quelques garde-fous mais le gouvernement Fillon a, donc, décidé de passer outre. Le Plan de financement de la Sécu, c'est donc bien, comme les Plans de sauvetage des banques (aux Etats-Unis): quand ce n'est pas le client qui paie (ou l'assuré social), c'est le contribuable ! La crise financière, de part et d'autre de l'Atlantique ! Aux Etats-Unis, Démocrates et Républicains sont enfin parvenus à un accord pour mettre en place un Plan de sauvetage du système financier. Il devrait être adopté, dans la journée. Si la somme -vertigineuse- de 700 milliards de dollars reste, l'aide sera finalement accordée par tranches. Ces milliards serviront à racheter les actifs "pourris" des banques (américaines, mais aussi étrangères quand elles opèrent aux Etats-Unis). En échange, l'Etat américain recevra une part du capital des sociétés sauvées... une part qu'il pourra plus tard, revendre. Le texte prévoit aussi de limiter les indemnités de départ des patrons de banques. Mais la crise financière, ce week-end, se jouait aussi en Europe. Le Benelux a ainsi décidé de nationaliser Fortis. Les gouvernements belge, néerlandais et luxembourgeois vont payer plus de 11 milliards d'euros pour prendre le contrôle de la banque, prise dans la tourmente. Nationalisation, également, au Royaume-Uni, pour sauver la banque Bradford & Bingley. Sauf que c'est l'Espagnol Santander qui rachète les activités rentables de la banque britannique ! En France, le retour du chômage. Réunion "de crise", ce soir, à Bercy. Des aides à la mobilité des demandeurs d'emplois seraient à l'étude.

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