C'est aujourd'hui que sort "Wall Street 2", au cinéma. La suite des aventures de Gordon Gekko, interprété par Michael Douglas, "requin de la finance", comme on dit qui, après 20 ans passés en prison, pour délit d'initié, notamment, retourne à Wall Street. Et découvre cette chose horrible: il y a aujourd'hui, en activité, des gens pire que lui. Plus avides d'argent que lui. "Greed is good", disait-il dans le premier film. "l'avidité, c'est bon". Des gens avec encore moins de scrupules que lui (est-ce possible?). Et ces gens-là, ce sont les grands banquiers de Wall Street, ceux qui nous ont précipité dans le vide, avec la crise financière. Le film n'est pas franchement réussi. La formule n'est pas de moi, mais elle est juste: le sous-titre de Wall Street 2, c'est "l'argent ne dort jamais". Ce n'est pas le cas du spectateur: on a tendance à s'assoupir un peu. Alors j'arrête là de faire ma "Eva Bettan"... pour signaler quelques passages intéressants, qui racontent, pour le coup, plutôt bien l'engrenage qui a conduit, en 2008, à la catastrophe financière. Le film, en fait, a pour toile de fond, le sauvetage, in extremis, de la Bear Stearns, grande banque d'affaires de Wall Street, au printemps 2008. Puis, la faillite de Lehman Brothers, en septembre. Tout est là, dans les 2 cas: le règne de la rumeur, l'affolement général et ces "monstres" créés par les marchés: ces produits financiers complexes, les dérivés de crédits, qui ont multiplié par 100, par mille, les risques encourrus par tout le système. Un vieux banquier avoue, dans le film: "je ne comprends même pas ce que je vends à mes clients". Et puis, il a ces 2 scènes intringantes: les réunions de crise à la Réserve fédérale de New York. Tous les banquiers sont convoqués en urgence. Il faut trouver une solution pour empêcher la catastrophe. On sauve la Bear Stearns. Mais pas Lehman Brothers. Pourquoi? Le film ne l'explique pas, mais pointe juste. Aux Etats-Unis, on cherche toujours. Un récent rapport officiel évoquait une bête mais fatale "erreur de calcul", de la part des autorités américaines, qui ont sous-estimé les conséquences d'une faillite de Lehman Brothers. Une "erreur de calcul", donc. C'est évidemment "trop gros", pour en faire un film. Michelin se dégonfle à la bourse. Une chute du titre, hier, de 10%. Les investisseurs n'ont pas apprécié l'annonce "surprise" d'une augmentation de capital. La plus grosse de l'histoire de Michelin: 1 milliard 200 millions d'euros. Cet argent doit servir à financer le développement de la marque de pneus dans les pays émergents. Au Brésil, en Inde et en Chine. Départ. Les thés "Lipton", et les infusions "Elephant" ne seront bientôt plus produits en France. Unilever, la maison-mère, a annoncé, hier, la fermeture de son usine de Gémenos, dans les Bouches-du-Rhône. 182 salariés concernés. La production va se poursuivre en Belgique, en Pologne et en Grande-Bretagne. Rigueur. Après celui de la Sécu hier, le budget 2011, présenté aujourd'hui. Le budget de l'Etat, sous le signe de la rigueur: baisse de la dépense publique (7 milliards en moins), et hausse des impôts (10 milliards en plus).

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