C'est l'économiste Daniel Cohen qui le dit: "en France, s'il y a une grande réforme institutionnelle à mener, ce devrait être celle-ci: obliger les gouvernements à bâtir leurs budgets sur des hypothèses de croissance indépendantes! C'est, clairement, le point faible du Budget, présenté hier en Conseil des ministres. En tout cas, à ce stade, l'un des plus commentés: les prévisions, sur lesquelles s'appuie le gouvernement sont trop optimistes! Une croissance à 1,75%, l'année prochaine, c'est "innatteignable", disent presque tous les économistes. Alors même si "Les Echos" affirment, ce matin, qu'en fait, ce budget 2012 a été construit sur une croissance à 1 et demi%, (et que le gouvernement ne le dit pas), les prévisionnistes de tous poils persistent: "c'est encore trop". Le consensus est plutôt à 1,2%. Et encore, il ne cesse de baisser... Ce n'est pas qu'une bataille d'experts évidemment, pas qu'une guerre de décimales après la virgule puisque ces écarts font toute la différence. La France, tenue de respecter ses engagements en matière de déficit, devra, si effectivement la croissance n'est pas au rendez-vous, l'année prochaine, devra annoncer (comme cet été), très vite, de nouvelles mesures d'économies: hausse d'impôts et/ou baisse de prestations. Avec la Présidentielle qui vient, on est évidemment tenté de penser que le gouvernement, renvoit à plus tard (à son successeur), les décisions douloureuses. Le prochain quinquennat pourrait, donc, commencer par un plan de rigueur d'urgence! Perspective peu réjouissante pour le PS, qui s'y voit déjà. L'examen de ce Budget 2012, dans un Sénat passé à gauche, va de ce point de vue-là, va prendre une tournure très intéressante. Mais, revenons à la conjoncture, et au choix du gouvernement: une croissance à 1,75%, l'année prochaine. Pour y arriver, il fait un pari: que le crise de la dette, en Europe, ne va pas durer. Ne va pas se diffuser dans l'économie réelle. Par la perte de confiance... des ménages (qui cesseraient de consommer) et des entreprises (qui cesseraient d'investir). C'est un pari évidemment risqué, mais pris au nom de la future majorité.

"Oui, vous devez!". Barack Obama tacle, une nouvelle fois, les Européens. Il affirme: "L'Europe ne fait pas assez d'efforts" pour stopper la crise. C'était il y a quelques heures, à Washington. Le Président américain estime que les dirigeants européens n'affrontent pas de manière efficace les problèmes de leur système financier et de leur système bancaire. Pour lui, cette faiblesse européenne est la cause d'une partie des problèmes, aujourd'hui, de l'économie américaine.Verte de peur? Après la Société générale, la BNP, le Crédit Agricole hier, a annoncé, à son tour, un plan pour rassurer les marchés: une cure d'amaigrissement, en fait. Le Crédit agricole va accélérer son désendettement, et diminuer ses besoins de financement.Pacte +. La règle d'or budgétaire adoptée, hier... au Parlement européen! Sans les voix de la gauche, ni des verts, l'assemblée europenne a voté, hier, en faveur d'un important renforcement du Pacte de stabilité. La discipline budgétaire, en Europe, est durcie, avec sanctions financières à la clé en cas de dépassement des seuils fixés (mais qui ne changent pas: pas plus de 3% de déficit, et une dette limitée à 60% du PIB.

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