"Ils ont, tout bonnement, disparu. Plus personne dans leurs bureaux. Plus personne dans les couloirs. Leurs téléphones portables sur messagerie. On n'avait jamais vu un truc pareil, en pleine négociations". C'est un membre de la direction d'Air France qui raconte, ainsi, l'incroyable nuit de négociations, de samedi à dimanche, au siège de la compagnie, avec les représentants du SNPL, le syndicat de pilotes. On est entre le 13ème et le 14ème jour de grève. Vendredi soir, les négociations, pourtant déjà toutes proches d'un accord, avaient, à nouveau échoué. Le SNPL, fâché, avait quitté la table et réclamé, publiquement, un "médiateur" dans le conflit. Proposition, immédiatement refusée par le gouvernement. Dans un café parisien, samedi matin, Alexandre de Juniac, le patron d'Air France-KLM et Jean-Louis Barber, le président du SNPL, se retrouvent, discrêtement, en tête-à-tête pour renouer le dialogue. La discussion est cordiale, dit-on. Les 2 hommes conviennent de reprendre les négociations. Elles vont durer 15 heures. Jusqu'à, donc, ce nouveau clash, dimanche au petit matin: les pilotes rejettent le protocole de sortie de grève proposé. Et disparaissent. Ce n'est que vers midi, et de manière unilatérale, qu'ils annonceront la fin de la grève. Sans Accord. C'est la première fois, dans l'histoire de la compagnie, qu'un mouvement s'achève, sans que les pilotes aient obtenu gain de cause. La Direction le répète, et s'en félicite. Mais jusqu'au bout, elle aura accepté de négocier. Y compris sur des points surprenants, comme, par exemple, le poids des bagages-cabine des pilotes. "C'est 12 kg, aujourd'hui. Ils obtiennent 18 kg" raconte, un peu effaré un témoin de la négociation, qui décrypte: "en fait, depuis le Conseil d'administration de jeudi soir, les représentants des pilotes savent que leur revendication principale ne sera jamais acceptée, c'est-à-dire un contrat unique, qu'ils volent sur Air France ou sur Transavia, la filiale low cost. Alors, ils négocient de petits avantages, très parlant pour leurs adhénrents, histoire de montrer que le mouvement n'a pas été vain". Mais à 4 heures du matin dimanche, le texte final est rejeté, "sans doute, le résultat de tensions, internes, au SNPL, mais aussi de la très forte pression politique et médiatique" commente encore la direction d'Air France. Qui estime qu'à long terme, cette grève aura, finalement, du bon: la fin de la cogestion de la compagnie.

Attente. Henri Proglio va devoir attendre. Le mandat du patron d'EDF s'achève, à la fin novembre. Il est candidat à sa propre succession. Officiellement, personne d'autres ne postule mais le processus de nomination s'est quelque peu grippé, ce week-end. Le Conseil d'administration convoqué pour aujourd'hui est reporté. Ségolène Royal a obtenu gain de cause. La ministre de l'Ecologie ne veut "aucune interférence" alors que son projet de Loi sur la transition énergétique commence à être examiné, mercredi, à l'Assemblée nationale. "Il faut d'abord, définir la politique à mener" dit la ministre. Ensuite, viendra la question de la gouvernance de l'entreprise".

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