Sur le Campus d'HEC, à Jouy-en-Josas, dans les allées de l'Université d'été du Medef, qui a débuté hier, les journaux sont distribués gratuitement. Il y a des piles de quotidiens à l'entrée, il suffit de se servir. Gratuitement d'ailleurs, on peut faire plein de choses encore: boire un coup, avaler un petit sandwich au bar, manger une glace (gros succès, hier), ou encore se faire masser, au stand "anti-stress". Pour en revenir aux journaux, hier, c'est le Monde qui s'arrachait, avec la longue interview de Laurence Parisot. Ce matin, il est à parier que ce sont les Echos qui tiendront la vedette. Pierre Moscovici répond aux questions du journal, et fait cette déclaration: "il n'est pas question de taxer les biens professionnels à l'ISF". Autrement dit, ils vont rester en dehors du calcul de l'impôt sur la fortune. On peut dire que le ministre de l'Economie a soigné sa venue, au Medef, cet après-midi parce que cette décision, c'est, sans doute, la décision qu'attendaient les patrons. Depuis que l'hypothèse (de taxer leurs biens professionnels à l'ISF) circulait, c'était le branle-bas de combat, dans le camp patronal. Laurence Parisot parlait d'un "hara-kiri de l'économie française". Pierre Moscovici les rassure, donc, définitivement, ce matin. Dans une répartition des rôles, sans doute parfaitement réfléchie avec le Premier ministre. Parce qu'hier, Jean-Marc Ayrault, qui a prononcé un long discours, sous la tente plénière, n'a rien dit à ce sujet. Il s'est simplement amusé avec ceux (selon lui) "qui veulent se faire peur" avec les projets du gouvernement. Il aurait pu, pourtant se réserver la primeur de cette annonce, mais sans doute, a-t-il préféré ne pas apparaître comme le premier Premier ministre de gauche à venir parler dans cette enceinte, accordant, immédiatement, un "cadeau" aux chefs d'entreprises présents. D'une certaine façon, il a a joué la déception, l'impopularité. Et s'en est plutôt bien sorti. Les patrons qui l'ont écouté n'ont guère été enthousiamés. Ils ont beaucoup regretté son discours très général, "pas concret", simplement truffés de signaux subliminaux envoyé aux représentants patronaux: sur les négociations sociales à venir, sur l'Europe, le budget, les prix de l'énergie mais en contrebalançant systématiquement. A chaque fois, qu'il disait "patrons, ou chefs d'entreprises", il ajoutait "syndicats ou salariés" immédiatement. Par exemple: "c'est vous qui êtes, avec vos salariés, les forces vives du redressement". Ce qui lui a permis de dire en conclusion "je ne tiens pas 2 discours. Un devant vous et un devant les salariés. Je dis la même chose aux uns et aux autres".

Viande. Les éleveurs français réclament une augmentation des prix de la viande. Pour eux, il s'agit de répercuter l'envolée des cours des céréales (blé, maïs ou encore soja) nécessaires à l'alimentation de leurs animaux. Les élevages de porcs et de volailles sont particulièrement concernés (la nourriture y recouvre 60% de leur prix de revient). Les hausses réclamées seraient de l'odre de 6 à 8%. "Cela fait 30 centimes de pluss pour un poulet" affirme la FNSEA qui a bon espoir, selon les Echos, ce matin, d'obtenir ces augmentations de la part des grandes enseignes de distribution.Carrefour annonce, à l'instant, 30 millions d'euros de pertes pour le 1er semestre de cette année. C'est moins que l'année dernière, à la même période. Hier, Courrefour a annoncé la suppression de 500 à 600 emplois, en France, dans ces centres administratifs. Des "départs volontaires" promet la direction.

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