Depuis quelques jours, on s'inquiète beaucoup du risque de propagation de la crise grecque à la France. On a raison. L'abaissement de la note internationale de la France (aujourd'hui, la meilleure possible: triple A)... son abaissement n'est pas une hypothèse totalement infondée. Malgré les déclarations rassurantes des ministres (Eric Woerth, par exemple, ici-même hier), le risque est bien réel. Une agence de notation le dit: l'assainissement des finances publiques françaises s'appuie trop sur l'espoir d'un retour rapide de la croissance... et ce retour de la croissance s'amenuise, aujourd'hui, avec la multiplication, en Europe, des plans d'austérité! L'Elysée, en fait, s'inquièterait beaucoup, de la note de la France. C'est même son "obsession", selon l'expression d'un ancien ministre (on n'a pas le nom) cité par l'agence Reuters, hier (je parierai que c'est Xavier Darcos). D'où d'ailleurs, l'importance donnée, par Nicolas Sarkozy, à la réforme des retraites. Attention, donc à la propagation de la crise grecque. Sauf que dans l'immédiat -à court terme-, les malheurs des Grecs nous sont plutôt favorables! Pas seulement parce que le prêt qu'on va leur accorder va nous rapporter de l'argent. Mais aussi parce que, sur les marchés, un mécanisme implacable s'est enclenché, depuis quelques jours: les investisseurs, "douchés" par la dégradation de la note internationale de la Grèce, se détournent du marché de sa dette. Ils appellent ça "flight to quality": la fuite vers la qualité! On abandonne ses titres grecs (portugais ou espagnols) devenus trop risqués. Et on achète des titres sûrs. Qui sont aujourd'hui, en Europe (et jusqu'à nouvel ordre): des titres allemands. Et Français. Résultat: par le système traditionnel des vases communiquants, les taux d'intérêt imposés aux Grecs augmentent, et ceux de la France et de l'Allemagne baissent. Les taux allemands à 3 mois, sont presque à zéro désormais (0,18%, mercredi). Les taux français, à 10 ans, eux, retombent à 3%. A Bercy, on se frotte les mains: les malheurs de la Grèce sont en train d'alléger, un peu, le poids de notre dette publique! C'est une cure d'austérité sans précédent qui attend les Grecs! Selon des syndicats grecs, le Fonds Monétaire International, la Banque Centrale Européenne et la Commission de Bruxelles réclameraient à Athènes, en échange de leur soutien financier, une réduction de 10 points en 2 ans du déficit public grec. Il était à 14%, l'année dernière: il s'agit donc de le ramener 4%, en 2012. C'est 25 milliards d'euros d'économies à trouver. On parle d'une nouvelle augmentation de la TVA, de la suppression des 13ème et 14èmes mois accordés aux fonctionnaires grecs, au gel de leur salaire et des pensions. Ainsi que d'une vaste réforme des retraites. Le Financial Times, ce matin, parle d'un objectif de relèvement de l'âge effectif de départ à la retraite, en Grèce: de 53 ans aujourd'hui, à 67 ans. Les détails de ce Plan pourraient être dévoilé, dès ce soir. Goldman Sachs prêt à négocier. . Avec le gendarme de la bourse, à Wall Street. La SEC l'accuse d'avoir floué ses clients en leur vendant des produits financiers (avec des vrais morceaux de subprimes dedans). Qu'elle savait tout proches de l'effondrement. Selon le New York Post, la banque souhaiterait négocier un Accord pour mettre fin à l'affaire. La terrible audition du Sénat mardi (11 heures, plutôt douloureuses pour les dirigeants de Goldman Sachs) ne serait pas étrangère à cette décision.

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