C'est le communiquant de l'enseigne qui a lâché cette petite phrase, en forme de pari: "tu verras, dans quelques mois, tu t'habilleras à La Halle". "La Halle"?l'ex-Halle aux vêtements, ces grands magasins, dans des hangars à la périphérie des villes, jamais de la vie évidemment! La nouvelle directrice artistique de l'enseigne reconnaît, elle-même, qu'elle n'y avait jamais mis les pieds, avant son embauche. Le patron de Vivarté, la maison-mère de l'enseigne, lui, dit que "La Halle", jusqu'ici, "ce n'était pas de la mode, c'était des vêtements. Juste du textile". Voilà l'enseigne, telle qu'elle était en tout cas, habillée pour l'hiver. Mais voilà, La Halle a changé. L'enseigne vient d'opérer une transformation radicale, et lance un pari économique, tout à fait inédit. Objectif: devenir une grande enseigne internationale, comme Zara, comme H&M, mais s'appuyant sur une mode "à la française". Hier soir, à l'occasion d'une grande fête, l'enseigne inaugurait son premier magasin de centre-ville. Sur les grands boulevards, à Paris. Dans une semaine, un autre ouvrira, un peu plus loin. Puis, en mai, à Montpellier et Metz. Souvent, c'est dans les murs des anciens Virgin. Dans celui de Paris, il reste d'ailleurs, dans une bibliothèque, un vieux stock de livres: des exemplaires de "Quai d'Orsay" (la BD), ou "50 nuances de Grey". C'était la fête, hier soir, à tous les étages de ce magasin parisien de plus de 2 mille mètres carré: champagne, cocktail (le "Blossom" est une sorte de thé glacé, avec de la vodka dedans), petit fours. Les dirigeants de Halle expliquent comment en 18 mois, ils ont réinventé l'enseigne, en prenant le parti de garder le nom. "Le pari, c'est le style" expliquent-ils. Fini, ce qu'ils appellent "l'asian picking" (vous allez en Chine, vous achetez des produits finis, copiés sur d'autres, et vous remplissez vos rayons avec). Désormais, la Halle va créer ses vêtements. 120 stylistes ont été embauchés, avec à leurs têtes, un couple de créateurs, venus du luxe. La Halle, désormais, va reprendre les marques de tout le groupe: Creeks, Liberto, Chevignon, Naf Naf, Kookaï, Pataugas. Avec leur déclinaison en "seconde ligne", ou "ligne bis". C'est une pratique courante pour les grandes marques américaines comme Ralph Lauren, mais inédite en France. Ce n'est pas la collection officielle de la marque -vendue dans d'autres magasins-, mais sa déclinaison dans le même esprit, mais en moins cher. Les prix, globalement, n'augmentent pas. Au final, pas grand chose n'est fabriqué en France, mais les marques, elles, sont françaises. Et serviront à conquérir, affirment les patrons, de nouveaux clients. En France et ailleurs.

Venez, venez... La France reste attractive, si on en croit le bilan 2013 des investissements étrangers en France. Il a été publié officiellement hier. 685 projets ont été lancés, l'année dernière. Soit, grosso modo, autant qu'en 2012, et qu'en 2011. Les investissements étrangers en Recherche et développement, en ingénérie et en désign font un bond de 33%. Les investissements étrangers dans l'industrie repartent à la hausse. En revanche, les implantations de sièges sociaux de grandes entreprises étrangères sont en très net recul. On est passé de 20 projets en 2011, à 5 seulement, l'année dernière. Les investissements américains reculent de 22%.GE OK. En 2014, on ajoutera, sans doute, à un tel bilan, le rachat d'une partie d'Alstom. Le Conseil d'administration du groupe français a choisi l'offre de General Electric, pour la reprise de sa branche énergie. Sans entrer, pour autant, en négociation exclusive, ce qui laisse à Siemens la possibilité, pendant 1 mois, de surrenchérir.

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