C'est la façon optimiste de voir les choses. L'INSEE l'a confirmé, hier: la France n'est pas encore en récession! Grâce à un tout petit dizième de point de croissance, trouvé entre début juillet et fin septembre, la France ne connaîtra pas, cette année, 2 trimestres consécutifs de recul de sa production. En s'en tenant à une définition technique elle échappe, donc, à la récession en 2008. Mais c'est "reculer pour mieux sauter". La récession, nous n'y couperons pas! Toujours aussi formellement, elle devriendra "officielle" au printemps prochain, puisque l'INSEE anticipe une dégringolade de 0,8% au 4ème trimestre 2008 (qui se termine demain) et un nouveau recul (de 0,4%) en janvier-février-mars 2009. 2 trimestres négatifs de suite, nous serons, donc alors (enfin!) en récession! On pourrait ironiser longtemps sur cette bataille de chiffres derrière la virgule mais il faut surtout se demander pourquoi, alors que depuis la rentrée l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne et l'ensemble de la zone euro est "dans le rouge", pourquoi la France vit ce léger décalage". Il y a deux facteurs "typiquement français" qui donnent un bout d'explication. D'abord, l'investissement public s'est maintenu. "L'Etat est omniprésent", entend-on souvent en France, mais quand le marché se grippe, le secteur public prend instantanément de relais. Et ça sert d'amortisseur! Autre facteur: la consommation s'est maintenue, elle aussi. Les Français (en mal de pouvoir d'achat) ont puisé dans leur épargne sans doute. Mais (et c'est une "totologie") s'ils ont pu le faire, c'est qu'ils avaient de l'épargne! Et que cette épargne n'était pas toute placée en bourse! C'est enfin parce qu'en France, les transferts sociaux sont nombreux (la retraite, la sécurité sociale, l'aide au logement...): cette redistribution permet, elle aussi, de maintenir les revenus à niveau constant et donc d'amortir les chocs. Un économiste tire cette conclusion, dans Libération ce matin: "cette crise (ni plus, ni moins) renforce le modèle français!" Oublier 2008. Dernière séance de l'année, tout à l'heure, à Tokyo: séance en hausse (+1,28%) mais bilan global pour cette année 2008 "catastrophique". L'indice Nikkei enregistre un recul "jamais vu" de 42,12% sur 12 mois: c'est sa plus forte baisse en pourcentage depuis 1949, date de sa création! A la bourse de Tokyo, cette année, c'est le secteur de l'automobile qui a été le plus massacré par les investisseurs. Toyota a perdu la moitié de sa valeur boursière alors qu'il s'apprête a enregistrer, cette année, les premières pertes d'exploitation de son histoire! Le constructeur pourra se rassurer: on trouve pire chez ses concurrentes: Nissan et Mazda ont perdu près des 3 quarts de leur valeur, à la bourse de Tokyo, cette année. Encore des milliards! Aux Etats-Unis, nouvelle injection de milliards de dollars pour venir en aide à cette même industrie automobile. Le Trésor américain vient d'en débloquer 6 supplémentaires pour éviter la faillite, à la filiale financière commune de General Motors et Chrysler. Et encore des milliards! Bercy précise le manque à gagner sur les rentrées fiscales liées à l'impôts sur les sociétés. Le journal "Les Echos" parlait de 7 milliards, hier. Le Ministère du Budget corrige: ce n'est pas 7 mais 4,5 milliards. Quand même.

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