L'euro n'aura jamais été aussi bas cette année. Il fêtera dimanche ses 10 ans sans tambours ni trompettes, ni rien de particulier en fait. Si l'euro baisse en cette fin d'année c'est pour plusieurs raisons, parmi lesquelles, le rôle de la Banque Centrale Européenne, gardienne de l'orthodoxie monétaire, portefeuille de la zone euro, la BCE inquiète certains.

Car son bilan - les encours de cette année 2011 - est le plus lourd depuis sa création. La BCE a finalement beaucoup prêté d'argent aux banques - pas aux Etats ce n'est pas prévu par les traités. C'est ce qu'on lui reproche d'ailleurs - mais les banques pourront-elles rembourser tout ce qu'elles doivent à la BCE ?

Pour l'instant elles mettent au chaud, stockent leurs euros en attendant peut-être des jours meilleurs. Sauf que ces euros, la BCE leur a prêté à des taux défiants toute concurrence 1% sur 3 ans et les banques les stockent à la BCE pour un rendement de seulement 0,25%. Cela parait tout bénéfice pour la banque centrale mais quelle crédibilité ? Si la BCE a prêté c'est pour que les banques prêtent à leur tour, financent l'économie et rachètent les dettes souveraines, celles que la BCE se refuse pour l'instant à racheter en masse, question de traité européen encore une fois. Ce tour de passe-passe de l'institution de Francfort était censé redonner de la confiance aux investisseurs pour qu'ils reviennent investir dans la zone euro. Pour l'instant le tour est raté.

Et en cette fin d'année - où les marchés tournent au ralenti, il faut le dire - le symbole de l'unité de la zone euro, sa monnaie, perd de sa valeur en raison aussi de l'afflux de liquidités. Sa gardienne, la BCE, aura réussi le pari de contenir la hausse des prix depuis 10 ans mais pas de soutenir la croissance. Sauf que la petite faiblesse de l'euro aujourd'hui, qui vaut 1 dollar 29 alors qu'il est monté jusqu'à plus d'1 dollar 60, peut redonner de la compétitivité à nos produits exportés qui coûtent moins cher qu'hier. Un peu de croissance donc, du moins espérons-le !

Mauvais cru pour le CAC 40 2011

Seulement sept entreprises terminent l'année dans le vert, EADS en tête en hausse de 38%, mais sur les sept, deux sociétés gagnent moins de 1%. L'entreprise la plus touchée est Veolia Environnement qui perd 61%, suivi de la Société Générale - 58%, comme PSA, puis, le Crédit Agricole - 55%. Les valeurs bancaires, notamment, ont plombé le CAC40 qui perd 18% en 2011.

Pas de problème d'investissement en revanche pour le Qatar qui après le PSG, les droits télé de la ligue 1, l'entreprise Vinci, des hôtels particuliers à Paris ou encore la banlieue, investit dans le groupe Lagardère. Il devient même le premier actionnaire devant son PDG Arnaud Lagardère. Le fond d'investissement Qatar Holding, qui détenait 7,6%, possède désormais 10% du capital et près de 8% des droits de vote. Mais Arnaud Lagardère garde le pouvoir absolu dans son entreprise grâce à sa structure en commandite.

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