Hier soir, on a hésité à appeler Christian Eckert pour commenter les décisions du Conseil constitutionnel, rendues publiques, un peu plus tôt, décisions concernant les deux lois de finances, adoptées tout récemment par le Parlement, le budget 2014, et le "collectif" 2013. Christian Eckert est socialiste, député et rapporteur général du Budget à l'Assemblée nationale. Donc, idéalement placé pour commenter la censure de 24 articles, 24 sur 236, soit 10% du total : certains parlent de "record". On a pensé, à Christian Eckert, donc, avant de se raviser : le député ne répond jamais aux journalistes, le dimanche ! Confirmation sur son blog, où son dernier post date du 23 décembre. Le député raconte comment il envoie sur les roses ceux qui l'appelent le dimanche. "J'ai un SMS tout prêt, écrit-il, qui dit: "bien que laïque, le dimanche, je pratique... la famille!". Ce blog, ajoute-il, est en vacances pour deux petites semaines. On n'a pas tenté d'appeler, du coup, et c'est Dominique Lefebvre qu'on a dérangé. Le porte-parole des députés socialistes de la Commission des Finances de l'Assemblée, tout aussi légitime, décroche et relativise la "sanction" du Conseil Constitutionnel: "seuls, 14 articles sont rejetés sur une question de fond" comptabilise-t-il. Surtout, explique Dominique Lefebvre, l'équilibre général du Budget 2014 n'est pas remis en cause par les censures des Sages, et il n'y aucune "sanction" politique. Des mesures importantes sont validées: le coup de rabot sur le quotient familial, la nouvelle mouture de la taxe carbone... et, bien sûr, la taxe à 75%. Alors certes, elle ne ressemble plus à la promesse du candidat Hollande pendant la présidentielle mais, à la satisfaction pour les Socialistes aujourd'hui, au terme d'un parcours très chaotique (et notamment la censure, l'année dernière, par les mêmes Sages), cette fois-ci, le Conseil constitutionnel valide tout et rejette l'ensemble des arguments de la droite, qui l'a saisi. L'assiette des revenus pris en compte est bonne, le taux n'est pas confiscatoire, et il n'y a pas de rétroactivité. Les clubs de foot ont perdu sur toute la ligne. Cela dit, le gouvernement, aussi, se voit sanctionné, sur plusieurs points importants, de son budget. Notamment sur l'ISF, l'Impôt Sur la Fortune. Bercy voulait prendre en compte, dans son calcul, les revenus "latents" des assurances-vie, qui permettent à tant de foyers fortunés de contourner l'impôt. Le Conseil constitutionnel dit "non", trouvant, comme beaucoup s'y attendaient d'alleurs, que le dispositif proposé ressemble comme deux gouttes d'eau, à celui de l'année dernière déjà retoqué! Les Sages ont aussi sanctionné plusieurs amendements, introduits par des députés PS, contre l'optimisation fiscale des entreprises, notamment l'élargissement de la notion dite d'abus de droit. "On s'y attendait, mais certains députés y tenaient vraiment", explique Dominique Lefebvre, "on va se remettre au travail".

► ► ► LIRE | Budget : le "oui mais" du Conseil constitutionnel

99/100. François Hollande sauve l'honneur de France Télévisions. On parle "audiences". Précisément du classement des 100 meilleures audiences de la télévision. Un palmarès établi, chaque année, par TF1, qui y a tout intérêt puisqu'elle l'emporte toujours très largement. Pour 2013, TF1 signe 99 des 100 meilleures audiences. Avec treize millions six cent mille télespectateurs, c'est le spectacle des "Enfoirés" qui arrive en tête, suivi de près par le foot, et le match éliminatoire des Bleus, face à l'Ukraine, le 19 novembre dernier. La série américaine le "Mentalist" truste à elle seule 20 des 100 meilleures audiences de l'année. Quant à François Hollande, il offre à France 2 sa seule et unique place au palmarès, avec une interview accordée à la chaîne, le 28 mars.

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