Sa déclaration est passée un peu inaperçue. Elle a était lâchée, hier après-midi, en pleine manifestation parisienne. Elle n'en est pas moins importante, bien que parfaitement énigmatique. La ministre de l'Economie, en partance pour Davos, et s'exprimant dans une émission économique, a déclaré que la France entre dans cette année 2009, avec "un acquis de croissance... négatif". Alors, pour qui n'a pas fait des études en économie, cette phrase est parfaitement incompréhensible. La définition de l'INSEE n'aidera personne. On la trouve sur son site Internet. "L'acquis de croissance correspond au taux de croissance entre 2 années, que l'on obtient si la croissance, jusqu'à la fin de l'année qui commence, reste au niveau du dernier trimestre connu". En fait, pour être beaucoup plus clair, l'acquis de croissance, c'est votre élan : la vitesse sur laquelle vous pouvez compter pour poursuivre votre course. Vous roulez à 100 km/h. Vous arrêtez d'accélérer, d'un coup. Résultat : vous continuez à avancer évidemment, mais votre vitesse va se réduire, jusqu'à l'arrêt complet. Sauf, si vous remettez les gaz. Christine Lagarde a donc révélé hier que l'élan de l'économie française, début 2009, n'est pas faible. N'est pas nul. Mais il est négatif ! Ca veut dire que le dernier trimestre 2008 a été très mauvais. On connaîtra l'ampleur du recul du PIB, dans une quinzaine de jours. Ca veut aussi dire que 2009 sera une année de récession en France ! Sans le dire vraiment, mais tout en le disant, Christine Lagarde vient, donc, de réviser très fortement à baisse les prévisions de croissance du gouvernement pour cette année. Jusqu'ici, elles étaient calées sur une fourchette comprise entre +0,2% et +0,5%. On peut, maintenant, s'attendre à des chiffres négatifs conformes aux dernières prévisions de la Commission européenne et du FMI, soit un recul attendu du PIB français : de l'ordre de 1,5%. Peut-être même moins encore. Christine Lagarde tient donc, désormais, un discours de vérité. Dommage que ce soit, encore, dans un langage jargoneux, destiné aux seuls économistes et aux seuls spécialites. Plan de relance... adopté. Hasard, c'était quelques heures à peine, après la fin des manifestations "record", partout en France. Contre la politique du gouvernement et sa réponse à la crise. Le plan de relance adopté mobilise 26 milliards d'euros pour accélérer les investissements publics, et redynamiser l'économie. C'est lundi, à Lyon, que François Fillon dévoilera les mille projets retenus : construction de logements sociaux, de routes et d'autoroutes ; rénovation urbaine, et restauration de monuments historiques. BNP Paribas bat en retraite. BNP Paribas qui doit revoir fortement à la baisse ses ambitions en Belgique. La banque française renonce, finalement, à racheter la branche "assurances" de Fortis. On se souvient qu'elle avait été appelée à la rescousse, il y a quelques semaines, pour sauver l'établissement de la faillite. Au terme de nouvelles négociations avec le gouvernement belge, BNP Paribas ne reprendra que 10% de Fortis Assurances. 2ème EPR : c'est décidé ! Ce sont finalement EDF et GDF Suez, ensemble, qui construiront la 2ème centrale nucléaire française de type EPR. A Penly, en Seine-Maritime. Les 2 entreprises étaient en concurrence. L'Elysée a finalement préféré ne pas choisir, mais contente tout le monde. EDF reste majoritaire dans le projet. Et GDF Suez fait son entrée dans le nucléaire français. Obama, très fâché. Contre les "bonus", les primes accordées aux traders de Wall Street. Le Président américain, les a jugées "honteuses", hier, le "comble de l'irresponsabilité" a-t-il encore ajouté. On venait d'appendre que les banques de Wall Street ont distribué plus de 18 milliards de dollars de primes à leurs opérateurs de marchés alors que ces banques viennent d'être sauvées de la faillite, avec l'argent des contribuables américains.

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