C'est le "Canard enchaîné" qui a raconté cette anecdote. La scène se passe à l'Elysée, à l'occasion de la cérémonie des voeux aux forces économiques. Le ministre de Travail, Michel Sapin, croise Pierre Gattaz, le président du Medef, qui arbore à la boutonnière le pin's que l'organisation distribue à ses adhérents depuis quelques jours. Un pin's sur lequel on peut lire en gros "1 million d'emplois". Michel Sapin le pointe du doigt et demande: "c'est un engagement?". "Non, c'est un pin's" répond Pierre Gattaz. Le patron du Medef ne se souvient pas de cet échange, quand on le lui rappelle. Ca le fait marrer, mais flairant le piège, Pierre Gattaz précise tout de suite: "le million d'emploi, ce n'est pas un gadget!". Lui se souvient surtout d'avoir dit à Michel Sapin que le gouvernement devrait se féliciter d'avoir "le meilleur patronat du monde". Il est très sérieux: "où, trouvez-vous, dit Pierre Gattaz, des patrons qui mettent en avant l'emploi, l'emploi plutôt que les profits et les dividendes?". Pierre Gattaz reconnaît, d'ailleurs, qu'au sein du Medef, certains lui reprochent d'avoir choisi fait ce choix. Mais, le président du Medef en fait une affaire de "patriotisme". L'idée de le mettre en avant l'emploi lui est venu après une conversation avec le patron de l'Oréal, Jean-Paul Agon, Pierre Gattaz lui pésentait son projet "France 2020", dont l'un des objectifs est de ramener le taux de chômage de 11 à 7%. "Un taux de chômage avec un horizon aussi lontain, ça ne dira à personne" lui lâche le "roi" des cosmétiques et, surtout, du marketting. Ce sera donc "1 million d'emploi": un slogan qui claque, et que tout le monde peut comprendre. Mais qui a, immédiatement, été pris comme un engagement par le gouvernement, François Hollande réclamant, même, des contreparties "claires, précises et mesurables" en matière d'emplois. Pierre Gattaz, en tout cas, répète que ce chiffre n'est pas sorti de nulle part. On connaît le discours: "si on baisse les charges et les impôts, dans des proportions fortes, si on allège la réglementation et si on assouplit le marché du travail (le Medef veut qu'on passe d'une logique défensive, comme celle validée par le récent Accord sur la sécurisation de l'emploi, à une logique offensive, de conquête de marchés), si toutes ces conditions sont remplies, alors oui, des emplois "mécaniquement" apparaîtront. "Dans les services, l'industrie, le batiment, il existe des "poches" de 10, 20, 50 mille emplois qui peuvent être créés très vite" explique Pierre Gattaz, qui cite encore le secteur du tourisme.

Crise émergente? La crise dans les pays émergents s'aggrave. Ils ont tenté, ces dernières heures, de contrer la chute de leurs monnaies. La banque centrale turque, par exemple, a relevé l'un de ses taux d'intérêt, de 4,4 à 10%. D'autres ont instauré un contrôle des changes, mais le répis n'aura été que des quelques heures, la dégringolade a redémarré de plus belle. Ce matin, les places boursières asiatiques ont accusé le coup: Tokyo, -2,4%.

Réforme des réfomes? "Irresponsable et contraire aux intérêts de l'économie europénne": le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, critique le projet européen de réforme bancaire, porté, à Bruxelles, par un autre Français, le commissaire Michel Barnier. Ce projet va plus loin que les réformes française et allemande déjà lancées et pourrait ébranler le modèle de banques "géantes" comme celui de BNP Paribas ou de la Deutsche Bank.

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