"Atomic Anne", c'est le surnom que la presse a donné, depuis bien longtemps, à Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva, le champion français du nucléaire. Depuis plusieurs mois, on sait qu'Areva est à la recherche d'argent frais. On saura, précisément, cet après-midi, quelle solution a été trouvée, mais les premiers éléments connus nous promettent quelques polémiques. Alors d'abord, l'argent. On estime qu'Areva a besoin de 9, 10, 11... 12 milliards d'euros d'ici à 2012. Rien que ça ! Areva, en fait, doit financer son développement, c'est-à-dire le développement du nucléaire dans le monde : les projets et les commandes de réacteurs (et de combustible) se sont multipliés, ces derniers mois. Mais les milliards recherchés doivent aussi permettre de payer les indemnités dues au retard pris dans la construction de l'EPR finlandais. Et il faut encore trouver 2 milliards supplémentaires pour racheter les parts de l'Allemand Siemens, qui a claqué la porte d'Areva au début de cette année. Alors ces mauvaises nouvelles ont bien failli coûter son poste à Anne Lauvergeon. Pendant des semaines, les rumeurs sont allées "bon train": on spéculait sur son départ, sur sa brouille avec l'Elysée. Une fuite organisée dans la presse annonçait, même, son remplacement imminent par Christine Lagarde. Finalement, les choses se sont apaisées. Grâce, notamment à l'arrivée de Jean-Cyril Spinetta à la tête du Conseil de surveillance d'Areva, et c'est une solution de "compromis" qui se dessine. Aujourd'hui, l'entreprise devrait annoncer une augmentation de son capital avec 2 conséquences qui vont faire parler : la diminution de la part de l'Etat (de 90 à 75%, sans doute) et l'entrée, surtout, de Fonds souverains d'Abu Dhabi et du Qatar (une première)! Areva, aujourd'hui, devrait annoncer, également, la vente de sa filiale T&D (Transmission et Distribution). Ca, Anne Lauvergeon n'en voulait pas, d'autant que c'est son ennemi juré, Alstom, qui pourrait rafler la mise. En tout cas, à ce stade, les syndicats montent au créneau : ils dénoncent un "démentèlement" de l'entreprise. Au nom de la seule logique financière. L'AMF veut tirer les leçons de l'affaire Madoff. L'AMF, c'est l'Autorité -française- des Marchés Financiers. Hier, son président, Jean-Pierre Jouyet, a annoncé un vaste plan de réorganisation de ses activités avec pour but affiché de renforcer la protection des épargnants français. L'AMF promet, par exemple, de surveiller plus étroitement les campagnes commerciales sur les produits d'épargne. Elle envisage, encore, de procéder à des achats anonymes de produits financiers pour vérifier si l'information fournie aux épargnants est bonne. Hier à New York, Bernard Madoff a écopé de la peine maximale : 150 ans de prison. Son escroquerie aurait fait entre 3000 et 5000 victimes en France. La plupart, des clients fortunés. Pour un total d'environ 500 millions d'euros. La Poste, toujours premier employeur de France. Après l'Etat. L'établissement public publiait, hier, son "Bilan social" annuel. Il en ressort que ses effectifs baissent. Ils sont repassés juste sous la barre des 300 000 salariés. Dont 100 000 facteurs. La part des fonctionnaires diminue également : à 52% contre 57% en 2006.

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