Demain, nous serons le 1er juillet, et c'est une date qui suscite beaucoup d'inquiètudes dans les milieux financiers, à la Banque Centrale Européenne, et parmi les dirigeants de l'Union européenne. C'est aussi l'une des raisons de la grosse déprime d'hier, à la bourse. C'est en effet demain qu'arrive à échéance l'immense prêt consenti, l'année dernière, par la BCE aux banques commerciales européennes: plus d'un millier d'entre elles y ont souscrit pour un montant total exceptionnel de 442 milliards d'euros. Dit autrement: demain, les banques européennes doivent retirer de leur caisses 442 milliards d'euros pour rembourser la BCE. Et, dans le contexte actuel de crise, tout le monde retient son souffle et espère qu'aucune d'entre elles ne fera défaut. Qu'on se calme, "elles vont toutes rembourser" a affirmé, hier, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. Qui se veut rassurant même s'il ajoute "c'est vrai, certaines banques auront plus de difficultés que d'autres à honorer leurs engagements et vont, donc, souffrir"! Grosso modo, tout le monde partage cette analyse: toutes les banques paieront, en revanche, le remboursement de ce prêt... ce "choc de liquidité"... va, bel et bien mettre certaines banques en difficulté. Le problème, c'est qu'on ne sait pas lesquelles, d'où la suspicion générale sur les marchés, qui se concrétise, par exemple, par une nette remontée des taux sur le marché interbancaire: là où les banques se prêtent, entre elles, chaque jour des milliards d'euros pour assurer leurs opérations courantes. Comme après la chute de Lehman Brothers, aujourd'hui tout le monde se surveille, et chacun demande s'il fait bien de prêter à son voisin, qui n'aura peut-être plus, demain, les moyens de le rembourser! A ce jeu, qui peut, très vite déraper en "jeu de massacre", les banques espagnoles sont particulièrement surveillées. Elles auraient, d'ailleurs, demandé à la BCE de reconduire le prêt. La ministrre espagnole de l'Economie, elle même, a montré quelques signes d'inquiètudes. Pour éviter ce scénario du pire, pour éviter tout assèchement du marché, pour calmer les inquiètudes... la BCE, hier, a décidé d'ouvrir, finalement, une nouvelle ligne de crédit aux banques européennes, mais cette fois-ci, à court terme (sur3 mois): ça va, peut-être permettre de passer ce 1er juillet, sans trop d'encombre mais on l'a compris: on enlève la grosse perfusion pour en mettre une petite: le malade, c'est-à-dire le système financier européen, est loin d'être guéri! Le gouvernement dévoile, aujourd'hui, de nouvelles mesures d'économies. Après les mesures symboliques, visant les ministres et leurs cabinets (certains rechignent d'ailleurs: chez Lagarde ou chez Borloo), c'est aujourd'hui, en Conseil des ministres, que François Baroin doit dévoiler 150 mesures nouvelles, dans le cadre de la RGPP, la Révision Générale des Politiques Publiques. Objectif: réaliser 10 milliards d'économies de fonctionnement. Parmi ces mesures, on trouve la suppression supplémentaire de 100 mille postes de fonctionnaires. C'est, encore, aujourd'hui, mais cette fois-ci, à l'Assemblée nationale, que le ministre du budget doit lever le voile sur une partie du budget 2011, avec là encore, à la clé, de vastes économies. Et des hausses d'impôts, via le "coup de rabot" sur les niches fiscales. François Baroin, ce matin, annonce, en tout cas que les restaurateurs et cafetiers y échapperont: leur TVA réduite (à 5,5%) ne sera, finalement, pas modifiée! La nouvelle "rechute" des places boursières: -4%, hier à Paris, un recul de plus de 2% à Wall Street, hier soir. Et c'est pareil, en Asie, ce matin. c'est le résultat d'un festival de mauvaises nouvelles: des doutes sur la croissance chinoise ou japonaise, le mauvais moral des ménages américains, et toujours la dette des pays de la "zone euro"!

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