Il y a d'abord l'aigreur de celui qui espérerait, légitimement ou pas, devenir ministre, et qui n'a rien eu.

"Cette fois au moins, ils m'ont appelé pour me le dire" lâche au téléphone Hervé Mariton, avant de raccrocher sèchement. Il y ensuite les bienveillants, qui n'ont pas de commentaires particuliers à faire sur le nouveau duo de Bercy, Baroin-Précresse. Avec le remaniement d'hier, François Baroin change d'étage et passe à l'Economie et aux Finances.

Valérie Pécresse, elle, débarque au budget. "Débarque", c'est bien le mot parce qu'il y a, aussi, tous ceux qui s'étonnent de ce choix, à la Commission des Finances, de l'Assemblée. Là où les 2 ministres seront très vite jugés, dans leurs nouvelles fonctions. "Ce n'est pas forcément un cadeau que vient de faire Nicolas Sarkozy à Valérie Pécresse", explique, par exemple, Charles de Courson. "Le budget, c'est une matière extrêmement complexe", et jusqu'ici, "Pécresse n'avait pas montré un réel intérêt pour toutes ces questions". C'est dit gentillement. Le député centriste -pilier de cette Commission des Finances- se souvient que pour Baroin, lui-même, "ça n'avait pas été facile, au début". Mais "c'est parce qu'il n'aime pas vraiment l'économie!" décrypte un député de l'opposition.

Pour en revenir à Valérie Pécresse, est-ce une réaction corporatiste de la part de ces députés, experts des problématiques fiscales et budgétaires, est-ce le réflexe machiste d'une Commission très largement masculine, en tout cas, quelques uns critiquent ce choix: "on ne s'improvise pas dans ce genre de chose" dit un député PS, qui lui souhaite d'avoir le soutien du Président de la République et du Premier ministre, au moment des arbitrages, faute de quoi elle pourrait vivre très difficilement son passage à Bercy. Le budget 2012, cela dit, est déjà bien lancé. En tout cas, le volet "dépenses". Pour le volet "recettes", des décisions délicates restent à prendre, mais l'Elysée, forcément, sera à la manoeuvre. Un élu de la majorité, au final, se veut rassurant pour Valérie Pécresse: "A vrai dire, dit-il, le dernier budget de la législature n'est pas forcément le plus dur à construire. Puisque c'est celui que vous n'aurez à pas à assumer jusqu'au bout!".La Cour des comptes pourrait, un jour, avoir à juger un ministre.

C'est le sens d'une disposition, adoptée, hier, en Commission des lois, à l'Assemblée nationale. L'amendement résonne avec l'affaire Lagarde/Tapie puisqu'il propose de rendre "responsables" devant la Cour des Comptes, les ministres en exercice. La Cour serait, ainsi, autorisée à sanctionner les irrégularités budgétaires, comptables et financières des ordonnateurs et gestionnaires publics. Seraient concernées toute infraction commise ou tout ordre illégal donné. Dans l'affaire Tapie (le soupçon d'un "abus d'autorité"), la Cour des Comptes a lancé une procédure disciplinaire mais contre les seuls hauts-fonctionnaires, agissant pour le compte de Bercy.Subprimes... suite.

Bank of America, la plus grande banque des Etats-Unis, solde le scandale des subprimes. Elle vient de passer à Accord, avec des investisseurs "lésés" par les pratiques douteuses d'une de ses filiales immobilières. Ses "rabateurs", payés à la commission, accordaient des prêts à des ménages américains, qui n'avaient pas les moyens de rembourser: on connait la suite. Bank of America débourse 14 milliards de dollars pour mettre fin aux contentieux.

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