Depuis que Laurent Fabius a récupéré le portefeuille du tourisme, à l'occasion du dernier remaniement, les professionnels du secteur ne tarissent pas d'éloges pour leur nouveau ministre de tutelle. "D'habitude le ministère du tourisme est attribué en dernier et sert, surtout, à boucler de subtiles équilibres politiques", expliquait récemment le patron d'une fédération de l'hotellerie. "Avec Fabius, poursuivait-il, c'est différent: il a un poids politique et médiatique jamais vu". Beaucoup, en fait, se disent flattés que l'homme qui s'occupe des crises syrienne, ukrainienne, trouve, également, le temps d'aller parler des problèmes d'accueil des touristes chinois à Roissy, et de défendre l'ouverture des magasins le dimanche. Dans ces conditions, inutile de dire, à quel point hier soir, ces mêmes professionnels du tourisme ont apprécié que Laurent Fabius prenne, faits et cause, pour eux, et se prononce contre la hausse annoncée des taxes de séjours, payées par les hébergeurs. "Il est impératif de renoncer" a dit, dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères. Ce sont des "hausses dangereusement et totalement contraires à la promotion du tourisme". Arnaud Montebourg confirmait un peu plus tard: "le gouvernement est opposé à cette décision". Du temps de Jean-Marc Ayrault, on aurait parlé de "couac" pour décrire cette affaire. Parce que la semaine dernière, dans l'hémicycle, le gouvernement n'a rien fait pour bloquer les amendements aujourd'hui décriés. Mercredi soir, Christian Eckert, secrétaire d'Etat du budget, s'en est remis "à la sagesse des députés" quand a été soumis au vote le quintuplement du plafond de la taxe de séjour. "Plus de 10 ans qu'il n'a pas été revalorisé" ont plaidé les partisans de la mesure, insistant pour dire qu'il ne s'agit que d'une "possibilité" d'augmentation laissée aux collectivités locales", pas d'une obligation. Jeudi soir, pour la discussion autour du 2ème amendement, créant, cette fois-ci, une surtaxe supplémentaire de 2 euros, en Ile-de-France), Michel Sapin, le ministre des Finances, n'a pas cherché, lui non plus, à contrer l'initiative parlementaire. "L'argent collecté servira à financer la rénovation des transports publics en Ile-de-France": même à Droite, Gilles Carrez -élu de la Région- approuve le principe. On en est là, maintenant: des députés ravis de leur initiative, un gouvernement d'abord bienveillant, mais maintenant opposé au projet. Aux Sénateurs de se prononcer. Une solution de sortie existe: renvoyer la décision à l'automne, au moment du projet de budget 2015 (ce qui paraît plus logique). Et, surtout, après la remise des conclusions d'une mission parlementaire, lancée il y a quelques semaines, et qui porte (on se pince pour le croire) précisément sur la fiscalité du tourisme!

Les sanctions, c'est maintenant. C'est ce soir que l'on connaîtra l'ampleur des sanctions américaines contre BNP Paribas. Après 22h, après la fermeture de Wall Street. BNP Paribas n'y est pas coté, mais c'est le cas de beaucoup de ses clients, d'où cette précaution pour une sanction qui sera "énorme". BNP Paribas va plaider coupable. L'amende devrait avoisiner l'équivalent de 6 milliards et demi d'euros, soit grosso modo, son bénéfice annuel. La banque française devrait aussi se voir infliger un an de suspension de ses opérations compensées en dollars. Elle pourrait, du coup -et pour ne pas perdre de clients- devoir soustraiter (auprès de banques concurrentes) ses opérations de négoce de pétrole et de gaz.La Loi, à l'automne. A l'automne, une grande Loi "sur la croissance et le pouvoir d'achat". Annonce d'Arnaud Montebourg, hier. Le ministre de l'Economie veut s'attaquer à certaines rentes et certains monopoles.

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