Standard&Poor's a dégradé la Grèce, hier soir, une nouvelle fois. Le pays est noté, désormais, "CCC-" -ô surpise!- à quelques crans du défaut général. L'agence de notation évalue, aujourd'hui, à 50% le risque d'une sortie du pays de la zone euro. Sa consoeur, Fitch, ce sont les 4 grandes banques du pays qu'elle a dégradé hier soir, placées en "défaut partiel". Sans le contrôle des capitaux (les retraits limités à 60 euros par jour et par Grec), les banques du pays auraient explosé. La poule ou l'oeuf... Alexis Tsipras, hier soir, a expliqué que c'est la décision des Européens de ne pas prolonger leur aide, poussant la Banque Centrale Européenne à ne pas augmenter le plafond d'aides aux banques grecques, qui a créée cette situation. Et qui pousse la Grèce au défaut. "Comment payer le FMI (ce soir, à minuit) alors que les banques ont été menées à l'asphyxie" dit le Premier ministre grec. Dans les Echos, ce matin, Benoît Coeuré, le Français membre de du Directoire de la BCE, justifie la décision prise dimanche (la poule et l'oeuf...): c'est parce la Grèce a mis fin aux discussions avec ses partenaires que le pays est sorti des critères du programme d'aide d'urgence. Le stock est maintenu (90 milliards), mais aucun nouveau tirage n'est autorisé, la faute à Syriza! Sans surprise, sur les raisons de l'échec des négociations, là encore le dialogue de sourds continue. Les membres de l'eurogroupe maintiennent que les discussions avançaient, et qu'un Accord était à portée. Un document comparant les positions des 2 parties circule, il est assez clair. L'effort budgétaire demandé est allégé (en tout cas, pour les 3 prochaines années). Sur la réforme demandés du marché du travail et des retraites, les Grecs rejettent certaines des propositions de l'ex-Troïka, mais sur la taxation des armateurs, ce sont eux qui rechignent. Comme sur la réduction des dépenses militaires (les créanciers proposent 400 millions, Athènes moitié moins). Le désaccord le plus profond reste, cela dit, la dette. 2 logiques s'opposent, on les sait. Pour les Grecs, l'alléger permettra de retrouver la croissance. En face, on pense l'inverse: il faut, d'abord, sceller les condtions du retour de la croissance, pour ensuite, traiter la question de la dette. La BCE, sur ce point, est inflexible. La dette grecque a déjà été réaménagée 3 fois depuis 2012. La question aujourd'hui est de savoir si une 4ème fois serait bien utile.

ArNac? Dexia, l'ex-banque des collectivités locales, vient d'être nouveau condamnée. Et selon le Parisien-Aujourd'hui en France, ce matin, c'est la première fois pour "manque d'informations délivrées au client". C'est Saint-Cast-le-Guildo, commune des Côtes d'Armor, qui a réussi à faire condamner Dexia, aujourd'hui en liquidation. Selon le jugement, "seul un emprunteur avisé ou conseillé par un professionnel de la finance" pouvait comprendre le mécanisme de l'emprunt accordé à la commune. Ce produit financier s'appelait "ToFix" (T.O.F.I.X), mais cachait un vrai taux variable, basé sur le franc suisse, qui s'est envolé. Les taux d'intérêt payés par la commune sont passés de 4%, en 2007, à 24% aujourd'hui.

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