C'est jeudi, à Londres, que se tiendra le G20. C'est un moment évidemment très attendu. On sait que 2 dossiers essentiels attendent les 20 dirigeants. La relance de l'économie mondiale. Et la régulation elle (aussi mondiale) du système financier. On sait encore qu'une partie du débat consiste à déterminer par quoi on commence... la relance avant la régulation, ou l'inverse. Dominique Strauss-Khan tente de mettre tout le monde d'accord. Le "patron" du Fonds Monétaire International -qui l'a redit en France la semaine dernière- fixe, lui, une autre priorité (ou dit la priorité d'une façon différente): c'est d'abord et avant tout (explique-t-il) le rétablissement des banques qui importe. Les banques font le crédit, le crédit fait l'activité. Les dernières heures viennent de lui donner raison : en Europe, aux Etats-Unis, les signaux restent au rouge en ce qui concerne la santé des grands établissements bancaires et financiers. En Espagne hier, pour la première fois depuis le début de cette crise, le gouvernement annonce le sauvetage d'une banque : une Caisse d'Epargne régionale. En Allemagne -c'était attendu, certes- le gouvernement a entamé, lui aussi hier, la nationalisation de la banque Hypo Real Estate, symbole de la crise outre-Rhin. En Suisse, UBS s'apprête à annoncer de nouvelles pertes et de nouvelles suppressions de postes. Enfin, aux Etats-Unis, il y a l'aveu de Tom Geithner. Le secrétaire américain au trésor a dû reconnaître (c'était encore hier) que 80% des crédits du Plan Paulson (le Plan de sauvetage des banques immaginé après la chute de Lehman Brothers), 80% des 700 milliards prévus ont déjà été dépensés ! Tout le monde a immédiatement traduit que l'Etat américain va devoir remettre la main au portefeuille. Pourquoi ? Parce que tous les actifs toxiques, les fameux actifs toxiques, n'ont pas été élimimés. Parce qu'aussi, une 2ème vague frappe les banques de plein fouet : c'est la crise économique. L'activité se contracte, et les banques le ressentent. Ce ne sont plus seulement les crédits immobiliers qui font défaut, mais aussi les prêts aux entreprises et les prêts aux ménages. Christian Streiff ne comprend pas son éviction de la tête de PSA. Il l'affirme, dans un communiqué, publié hier soir. Christian Streiff parle d'une décision "incompréhensible" et défend son bilan. Le Conseil de surveillance de PSA (autrement dit, la famille Peugeot) a décidé, hier en fin de journée, de mettre fin à son mandant, à la tête de l'entreprise. Raison officielle : "il faut un autre management, en cette période de crise". En fait, depuis plusieurs mois, la rumeur de son éviction circulait, comme le nom de son successeur, Philippe Varin, qui dirigeait jusqu'ici le sidérurgiste Corus. Aux Etats-Unis, c'est le patron de General Motors, qui démissione. Le décret ! C'est cet après-midi que François Fillon doit dévoiler, lui, son décret encadrant la rémunération des patrons des entreprises aidées par l'Etat (et seulement elles). Il devrait interdire jusqu'à 2010 les stock-options et les actions gratuites pour les dirigeants des sociétés bénéficiant d'un soutien public. Du plomb dans l'aile. L'A400M, l'avion militaire -transporteur de troupes- d'Airbus verra-t-il vraiment le jour ? On commence franchement à en douter. "Dans les conditions actuelles, mon entreprise ne peut pas le construire" affirme Thomas Enders, le patron d'Airbus, qui s'en remet aux gouvernements européens... français et allemands notamment. L'A400M a déjà au moins 4 ans de retard.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.