Je ne vais pas vous faire le coup de la "journée décisive" ou du "lundi de tous les dangers" pour Dubaï. Ca sonne bien, ces formules. Elles sont efficaces mais pas toujours le bon reflet de la réalité. Je ne vais pas vous la jouer comme ça donc... mais un peu quand même! Parce qu'aujourd'hui, se joue, sans doute, la suite de l'histoire. Qui dira l'ampleur, finalement, de toute cette affaire: épiphénomène, ou vraie secousse financière. Pour bien comprendre, petit rappel. Mercredi, la principale société para-publique de Dubaï demandait un moratoire sur sa dette. Jeudi, les places boursières du monde entier reculaient fortement, par crainte d'une "contagion", à l'Occident, de ce défaut de paiement. Vendredi, retour au calme: la bourse, et singulièrement la cotation des banques -potentiellement très exposées- se redressaient. Ouf, la tempête était passée. Sauf qu'il reste un "dernier obstacle" à franchir: la réouverture des places boursières du Golfe. Elles étaient fermées depuis 4 jours, en raison de la fête de l'Aïd, et à partir d'aujourd'hui, elles doivent, donc, rouvrir... Dubaï et Abu Dhabi en tête. Elles ne pèsent rien au niveau mondial, en terme de capitalisation boursière mais la séance d'aujourd'hui va, tout de même, servir de test "grandeur nature": la confiance est-elle toujours là? Ou les investisseurs vont-ils, à l'inverse, retirer tous les avoirs, en catastrophe, alimentant du même coup, la suspicion, qui provoquera les retraits d'autres investisseurs. Etc, etc... C'est pour éviter ça que la banque centrale des Emirats Arabes Unis a annoncé, hier, qu'elle soutiendra, dès aujourd'hui, toutes les banques qui auront besoin d'aide, de liquidité: c'est-à-dire qui pourraient avoir à faire face à des retraits massifs d'argent. Elle tente aussi de rassurer: le système bancaire des Emirats, est en bien meilleure santé que l'année dernière, affirme-t-elle... au pire moment de la crise financière! On va voir si ce discours rassurant... rassure. Pour le moment, c'est raté puisque les bourse de Dubaï et Abou Dhabi viennent d'ouvrir, tous les 2, en fort recul. Entre -6 et -7%. Le gouvernement s'inquiète, à nouveau, pour l'avenir d'Heuliez. C'est le journal "Les Echos" qui le révèle. Le FSI, le Fonds Stratégique d'Investissement, piloté par l'Etat, réclame un audit complet pour connaître la situation exacte de l'entreprise, situé en Poitou-Charentes. Au bord du dépôt de bilan, l'équipementier automobile a été repris, cet été, par Bernard Krief Consulting et d'autres associés dont une compagnie des Emirats Arabes Unis. Si l'activité -commerciale, notamment- a bien repris, l'argent promis lui, tarde, semble-t-il, à arriver. D'ou l'inquiètude du Fonds public FSI, qui veut savoir exactement où en est Heuliez avant de lui verser les 10 millions d'euros qu'il lui a accordé. Pour Christian Lacroix, en redressement judiciaire, la situation est plus inquiètante encore... . Aucun des repreneurs potentiels, dont Bernard Krief Consulting (encore lui!)n'a déposé son chèque à temps. On attend une décision du Tribunal de Commerce de Paris pour demain. Maintenir ou pas, les mesures de relance économique? Partout dans le monde, la même question. Le Japon tranche, ce matin. Le nouveau gouvernement de centre-gauche annonce un nouveau Plan de relance, pour l'équivalent de 20 milliards d'euros.

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