Appelez à Bercy. Appelez à l'Elysée. Téléphonez chez Areva. Et vous le vérifirez: officiellement, "tout va bien. L'histoire n'est pas terminée. Les négociations se poursuivent". Pourtant, tous ceux qui suivent ce dossier de près en sont convaincus, l'augmentation de capital d'Areva est en train, doucement mais sûrement, de capoter. Et Anne Lauvergeon, la patronne du groupe nucléaire français, aurait déjà demandé à ses troupes de passer à autre chose... Pour elle, c'est un échec. Un nouvel échec. Areva a besoin d'argent pour assurer son développement, et cette augmentation de capital, c'était un bon moyen d'en obtenir (tout en laissant l'Etat français, évidemment, largement majoritaire). Jusqu'à 3 milliards d'euros étaient attendus. Tout devait être ficelé avant la fin de l'année, mais, apparemment, ce week-end, l'Elysée a mis fin à tout espoir de conclure dans les temps, signant par la même un nouvel épisode de cette "guerre" interminable qui ronge la filière nucléaire française, depuis de nombreuses années, la fameuse mais encore introuvable "équipe de France du nucléaire", souhaitée par Nicolas Sarkozy. Ce week-end, en effet, le président de la République a récusé, semble-t-il, 2 des candidats potentiels à cette augmentation de capital. Compromettant, donc, l'opération, en tout cas, à ce stade. Il a récusé un Fonds souverain du Qatar, d'abord. Plus intéressé pour les mines d'uranium d'Areva que par ses centrales. Il y aurait aussi une divergence sur le prix à payer. L'autre candidat, gentillement éconduit par l'Elysée, c'est Mitsubishi. "C'est dommage, c'était l'un des plus motivés" note une source interne à Areva (déçue), citée par les Echos ce matin. Le japonais, clairement lui, est une victime collatérale de la bataille franco-française pour le contrôle de la filière. Mitsubishi pris dans des tirs croisés. Ceux, d'abord, d'abord, Alstom. Qui a fait savoir aux autorités françaises qu'il ne voyait pas d'un bon oeil l'arrivée, au capital d'Areva, d'un concurrent. Tirs encore d'EDF, qui a dénoncé le risque (inverse) d'une entente entre 2 de ses fournisseurs, Mitsubishi et Alstom. Autrement dit, Patrick Kron (patron d'Alstom) et Henri Proglio (patrons d'EDF), les 2 éternels rivaux d'Anne Lauvergeon, ont réussi à convaincre, en haut lieu, que l'opération, telle qu'elle se présentait, n'était pas forcément bonne. Bonne pour leurs propres intérêts. L'intérêt de leurs entreprises. Et du coup, c'est Anne Lauvergeon qui, une nouvelle fois, est mise en difficulté. Mauvaise nouvelle pour l'emploi. C'est un sondage, publié ce matin dans les Echos, sur les intentions d'embauches dans les TPE, les Très Petites Entreprises. C'est-à-dire celles de moins de 20 salariés. Elles sont essentielles parce qu'elles représentent 1 tiers des emplois en France mais, selon cette enquête, seul 9% des patrons de TPE envisagent d'embaucher en 2011. Moins d'un sur 10, l'indice n'a jamais été aussi bas. C'est le manque de visibilté sur l'évolution de la situation économique qui explique cette extrême prudence des petits patrons. Un plan qui déçoit... Une situation économique, largement conditionnée à l'avenir de la zone euro. Le Plan européen, dévoilé dimanche soir, ne semble pas convaincre: recul, hier, des places boursières. Recul de l'euro. A l'inverse, les taux d'intérêt sur les dettes publiques du Portugal, de l'Espagne continuent de grimper. L'Italie et la Belgique sont même, désormais, rattrapés par ce mouvement de défiance. Quelle banque? Peut-être le projet "grand coup" de Wikileaks: après les "câbles diplomatiques américains", le fondateur du site internet annonce des révélations compromettantes sur une "grande banque américaine". il n'en dit pas pluss. Wikileaks devrait publier ces documents, dans quelques semaines, début 2011.

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