Réécoutez la séquence est un moment assez cruel. C'est possible, sur notre site internet "franceinter.fr". Nous sommes le 27 octobre dernier. Xavier Bertrand est l'invité de notre matinale. Le ministre des Affaires sociales est dans ce studio. Il répond à nos questions, Patrick... et par 3 fois, il dit "j'assume ce choix". Bec et ongles, il défend la mesure qui fait polémique, depuis quelques jours: le nouveau calcul des indemnités journalières. "Il va faire perdre 40 euros par mois à un smicard en arrêt maladie", dénoncent beaucoup d'élus, y compris UMP, mais le ministre s'accroche devant nous: "j'assume". Pas longtemps... puisque pas plus tard que le lendemain (le 28 octobre), il abandonnera son projet. Et commencera alors une incroyable "valse-hésitation", un festival de propositions et contre-propositions, qui a peut-être trouvé son aboutissement hier. Vous aviez adorer la TVA sur les Parcs à thèmes, transformée en taxe sur les nuités d'hôtel de luxe, mais finalement supprimée: grand succès du mois de septembre. Et bien voilà le remake. Je résume. Au départ, il y a avait donc un nouveau calcul des indemnités journalières (de 50% du salaire brut, on passait à 60% du salaire net... soit une perte de 6%). Sous la pression, le gouvernement renonce donc et fait avaler un gros chapeau à Xavier Bertrand, au lendemain de son passage à France Inter. La majorité réfléchit et propose, finalement (pour compenser la perte financière) l'instauration d'un 4ème jour de carence pour les salariés du privé. Nouveau tollé (toujours à Droite): au nom de l'égalité entre public et privé, des élus réclament (et finalement obtiennent) qu'un jour de carence, soit parallèlement créé pour les fonctionnaires. C'est fini? Non! Une nouvelle bronca surgit: la "Droite populaire" affirme que les salariés du privé sont trop maltraités, au final, dans cette affaire: 4 jours (de carence) contre 1 seul (pour la fonction publique), c'est injuste même si les fonctionnaires n'ont aucune compensation. François Fillon accepte et charge le groupe UMP de trouver une énième et dernière solution. C'est celle trouvée hier: le plafonnement des indemnités journalières. Figurez-vous qu'on croise encore, à l'Assemblée, des députés UMP très mécontents de ce nouveau compromis.Nouvelles de la crise. "La crise financière s'est considérablement aggravée, ces dernières semaines": c'est Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, qui a lâché cette petite phrase, cette nuit. A l'occasion d'un colloque à Singapour. Il affirme que la zone euro en sortira "renforcée" de cette crise, mais à ce stade "elle perturbe les marchés financiers sur une grande échelle", dit-il.Hier, l'Italie a emprunté à un taux record: presque 7,9% sur 3 ans. Soit un taux supérieur à ses emprunts sur 10 ans, ce qui veut dire que les investisseurs perçoivent un risque de défaut de l'Italie, à court terme. Autre indicateur très inquiètant: les prêts de la BCE aux banques commerciales: plus de 265 milliards d'euros, hier. Le marché interbancaire est grippé: les banques (inquiètes ou à sec) ne se prêtent plus entre elles.Le Financial Times , à sa Une ce matin, explique que nombre de grandes entreprises (de taille mondiale) se préparent au "scénario du pire": la fin de l'euro. Leurs réserves de cash, par exemple, sont placées hors-zone euro.

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