C'est le responsable de la filiale d'une grande fime mulinationale qui parle. Je tairai son nom, la rencontre était totalement "off", comme on dit. De qui il s'agit, d'ailleurs, peu importe, c'est ce qu'il dit qui est important. La conversation se déroulait, hier matin alors qu'on attendait la décision de Jean-Marc Ayrault sur l'éco-taxe. Pour ce dirigeant d'entreprise, une décision très importante. Son entreprise a recours au fret ferroviaire le plus possible, explique-t-il, mais le transport de ses marchandises ou de sa matière première, s'effectue surtout par camions. Du coup, l'éco-taxe, telle qu'elle était prévue jusqu'à hier matin, en tout cas, devait effacer totalement le bénéfice du Crédit Impôt Compétitivité Emploi, l'année prochaine. "Effet nul", au final, sur le coût de revient de sa production en France, le "seul critère", explique-t-il, que regarde sa maison-mère. Comment, d'ailleurs, ses patrons américains (oui, ils sont américains!) perçoivent-ils la France? Sans surprise, comme un pays "insaississable", "imprévisible". Plein de potentiels économiques mais instable politiquement! Les Américains, par exemple, explique ce dirigeant de la filiale française, ne comprennent pas comment, avec un président, un Sénat, et une Assemblée nationale du même bord politique, le gouvernement français soit obligeé de reculer aussi souvent. Ce n'est pas une question de couleur politique ("l'élection de François Hollande ne leur a pas fait peur" dit-il) mais c'est une question, tout simplement, d'efficacité. "Pour eux, c'est incompréhensible" explique ce patron qui s'inquiète, surtout, aujourd'hui, des messages délivrés par les banques d'affaires. Celles qui conseillent les groupes de taille mondiale comme le sien, et qui les guident dans leur choix d'investissements. Il y a 1 an, la France restait aux yeux des banquiers d'affaires, une terre d'investissements, même si le Royaume-Uni attirait beaucoup. "Depuis quelques mois, leur discours a, clairement, changé. La France les inquiètent. Ils voient l'Espagne se redresser, l'Italie revenir très fort. "Ces pays ont lancé des réformes douloureuses il y 2 ans, provoquant des manifestations mais aujourd'hui, ils redémarrent, dans un climat apaisé. Pour la France, à l'inverse, le message envoyé à mes grands patrons", explique ce dirigeant français, c'est que le travail, les réformes, restent encore à faire et que, du coup, les manifestations sont possibles. Avec, comme conséquence, la destabilisation du climat économique. Ce patron conclut: "les manifestants, les "bonnets rouges", c'est en France qu'on les voit désormais!".

Chocolat. Les Français boudent le chocolat. Le marché stagne, en tout cas. La consommation de chocolat en France va progresser de "plus ou moins 1%", cette année. Une estimation publiée alors alors que s'ouvre aujourd'hui, à Paris, le Salon du chocolat. En France, les ventes sont stables, en fait, depuis 2008, ce qui en période de crise, n'est pas si mal. Les Français, de tout façon, ne sont pas de grands consommateurs (6 kilos par an, quand un Allemand, par exemple, en ingurgite 11). En tout cas, en raison d'une demande en forte hausse en Asie, et surtout d'une récolte moins bonne cette année, les cours de la fève de cacao flambent: +20% depuis le début de l'année.Livres. LVMH chez Gallimard! Le géant du luxe a pris 9,5% du capital de l'éditeur, hier. L'arrivée de Bernard Arnault, dans la prestigieuse maison, est une surprise. Pour Antoine Gallimard, l'opération lui permet d'alléger sa dette, après le rachat de Flammarion, il y a 1 an.

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