Un Accord historique? "C’est l’histoire qui jugera" estime prudemment, Michel Sapin. "C’est, en tout cas, une étape décisive et irréversible dans la lutte contre la fraude fiscale internationale". C’était hier. On est à Berlin, dans le "Saint des Saints" de la zone euro, le ministère allemand des Finances. 51 pays viennent de signer un Accord multinational imposant l’échange automatique d’informations. Et presque autant d'autres se sont engagés à les rejoindre rapidement. "Oui, c'est la fin du secret bancaire" affirment certains spécialistes. Des ONG en doutent. A Berlin hier, au cours de la conférence de presse, Michel Sapin précise: "cette lutte contre la fraude fiscale, c’est aussi une façon de rééquilibrer de manière stable et durable nos finances publiques". Le ministre français parle en connaissance de cause: c’est cette lutte contre la fraude, notamment, qui vient de lui permettre de réaliser cet incroyable "tour de passe-passe" budgétaire, dans son bras-de-fer avec la Commission européenne. 3,6 milliards trouvés, le week-end dernier -900 millions grâce à la lutte contre la fraude fiscale-, et qui ont permis à Paris de revenir miraculeusement et in extremis "dans les clous". Dans l’avion qui le conduit, hier à Berlin, Michel Sapin s’agace de cette lecture des événements: "vous croyez vraiment que je ne sais pas calculer? Que je ne savais pas, exactement, ce qui manquait à ce budget? On est forcément "des amateurs, des incapables, agissant sous la seule pression des événements. Personne ne peut, donc, imaginer que tout ça était maîtrisé?". Le ministre français raconte, pour le coup, une toute autre version de l'histoire. Parfaite. Un peu trop. Pour lui, elle démarre, à la mi-août quand il lance son "opération-vérité" sur le dérapage des déficits français et sur la situation de la zone euro: sans croissance, sans inflation, et encore fragile financièrement. C'est dans ce contexte, et dès ce moment-là, que, dit-il, il entame les négociations avec Bruxelles, sur le budget français. Avec, déjà, cette fin octobre pour date-limite. Entre les 2, "jamais", jure-t-il aujourd'hui, il n’a pas pensé qu’il pouvait y avoir un "clash avec la Commission". Y compris le week-end dernier, quand mesure par mesure, il a négocié son plan de sortie. "Je savais que nous n’étions pas dans les clous, mais je savais aussi que avions amassé quelques noisettes, pour se donner des marges de manoeuvre". Pourquoi alors avoir présenté un budget qu’il savait devoir corriger? Michel Sapin explique: "c'était pour éviter que d'un côté, Bruxelles nous en demande trop, et que de l'autre, en France, on estime qu'on pouvait relâcher les efforts. Il le répète, "tout était maîtrisé".

Retrait. La Réserve fédérale américaine retire l'une des perfusions de l'économie économie mondiale. La FED a annoncé, hier, la fin de son soutien monétaire "hors normes"... ces milliards de dollars injectés chaque mois, dans l'économie américaine, et donc sur les marchés financiers du monde entier. 1 600 milliards de dollars, au total en 2 ans! Elle avait commencé à réduire son soutien, mais, hier, elle a définitivement fermé les vannes, estimant que la situation économique s'améliore, aux Etats-Unis. Une amélioration encore fragile, cela dit: la banque centrale américaine maintient ses taux d'intérêt à zéro. Ils sont à ce niveau depuis la chute de Lehman Brothers, en 2008.

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