A la machine à café (c'était une cliente du Crédit Agricole), dans l'ascenseur (dans mon souvenir, c'était pour la maman de quelqu'un de Francer Inter qui a un compte à la Caisse d'Epargne), à la cantine, encore... hier, on n'a pas arrêté de me poser cette question : "qu'est-ce que je dois faire de mon argent ?". Il y avait aussi cette variante : "est-ce qu'une banque française peut vraiment faire faillite ?" Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas la réponse. Ce que je sais, en revanche, c'est que la réalité n'est pas le discours rassurant des autorités : "il ne peut rien arriver aux banques, elles sont solides". C'est précisément ce que disaient les dirigeants allemands, la semaine dernière. Résultat : ils ont dû injecter, hier et en urgence, 35 milliards d'euro dans une banque, spécialisée dans le crédit immobilier. Le mythe du "robuste modèle rhénan" en a pris un coup. Les grandes banques françaises, on le sait, ne sont pas épargnées par la crise des subprimes : elles affichent à ce stade un peu moins de 20 milliards d'euros de pertes - ce n'est pas une paille. Au premier rang : Natixis (la filiale des Caisses d'Epargne et des Banques populaires), le Crédit Agricole. Mais aucune n'est touchée de façon "vitale" et en situation normale, on ne se poserait pas la question. Le problème, c'est que nous ne sommes plus dans une période normale. On est dans l'irrationnel ! Une "machine infernale" s'est mise en route, expliquait hier un économiste, et personne n'est à l'abri. Une fois que l'on sait ça, il faut se dire que le pire de tout, serait une panique aux guichets des banques : dans le contexte actuel, des retraits massifs d'argent d'un établissement bancaire seraient totalement "destructeurs" pour lui. Et c'est bien ce que redoutent le plus les autorités, qui balancent donc en permanence entre un discours de vérité, et des paroles vite assimilées à la méthode coué. Le rejet du Plan Paulson, hier soir, aux Etats-Unis, provoque une véritable "onde de choc" à travers le monde. Les bourses asiatiques sont, toutes en très forte baisse, ce matin. Hier soir, c'est Wall Street qui a dévissé : -7% pour le Dow Jones, une chute jamais vue de 800 points en une seule séance. Hier encore, avant même l'annonce de l'échec du Plan américain. Paris avait reculé de 5%. A la Chambre des représentants à Washington hier, ce sont des voix républicaines qui ont essentiellement manqué : les élus trouvent le Plan trop cher, et doutent de son efficacité à relancer l'économie américaine. Un nouveau vote pourrait être organisé, mais pas avant jeudi. En Europe, les défaillances de banques se multiplient. Au Royaume-Uni, en Allemagne, en Belgique. En France également, puisque Dexia -la "banque" des collectivités locales- est en danger. A l'instant, un Accord vient d'être annoncé à Bruxelles : injection de plus de 6 milliards d'euros. A 10h30 tout à l'heure à l'Elysée, Nicolas Sarkozy organise une réunion de crise, avec les représentants des principales banques et sociétés d'assurance françaises. 41 300 demandeurs d'emplois de plus, inscrits à l'ANPE, le mois dernier. Le chiffre est officiel depuis hier soir. C'est la plus forte augmentation depuis 15 ans. L'interim et les seniors sont les premières victimes. Le gouvernement veut relancer les contrats d'autonomie destinés aux jeunes des quartiers dits "populaires".

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