Il faut revenir, ce matin, sur l'annonce "surprise, hier de BNP Paribas. La banque a annoncé le remboursement, plus tôt que prévu, de l'aide financière que l'Etat lui a apporté, en pleine crise. Il faut y revenir, parce que le mécanisme de cette opération, et la communication qui l'entoure, empêche de bien comprendre ce qui s'est passé exactement. Hier donc, la BNP a annoncé qu'elle s'apprête à rembourser, intégralement et en une seule fois, l'aide en fonds propres que le gouvernement lui a accordé. C'était précisément le 31 mars dernier. Ce jour-là, l'Etat a acheté pour un peu plus de 5 milliards d'euros, un gros paquet d'action BNP. Ce qui apparaît évident, depuis hier, c'est que le gouvernement n'a pas menti. Cette aide n'a pas été gratuite (ce n'était pas un "cadeau" fait aux banques contrairement à ce qu'on a pu entendre). Cette aide... ce prêt aux banques va rapporter, à l'Etat, 226 millions d'euros. L'empressement de la BNP à rembourser peut d'ailleurs s'expliquer par le coût assez important imposé par l'Etat: presque 8% d'intérêt(ce n'est pas "bon marché"), et en plus, ce taux était prévu pour augmenter, chaque année, faute de remboursement. L'Etat, dans cette affaire a, donc, été un prêteur plutôt "éclairé", avisé... en revanche -et ça, il se garde bien de le dire- il a été un piètre boursicoteur! Parce que le rachat des actions BNP par l'Etat va se faire (c'est prévu comme ça, dans le contrat) non pas au prix du marché (le cours de bourse actuel de la banque: autour de 56 euros) mais au prix initial de l'opération (au 31 mars dernier: 27 euros). La différence, c'est 5 milliards d'euros que l'Etat n'empochera pas! Le jour où le gouvernement présente un buget avec un déficit record, on se dit que cet argent aurait été le bienvenu. Par le passé (et il ne se prive de la rappeler régulièrement), Nicolas Sarkoy avait sauvé Alstom de la faillite, en prenant 30% du capital de l'entreprise. En revendant ces actions, plus tard quand tout allait mieux, le bénéfice s'était élevé à plus de 1 milliard d'euros. On ne comprend pas, du coup, pourquoi, cette fois-ci, avec les banques, le gouvernement s'est privé d'une telle plus-value boursière. Le budget 2010, présenté aujourd'hui en Conseil des ministres, privilégie l'emploi. Et les entreprises. Il instaure la "taxe carbone" (qu'on ne présente plus), il "verdit" certains dispositifs fiscaux (comme la réduction d'impôt pour l'achat d'une résidence principale). Surtout, il maintient les dispositifs de soutien à l'emploi, mis en place en pleine crise: la prime à la casse automobile, le "zéro charges" pour les embauches dans les Très Petites Entreprises. Enfin, il supprime la Taxe Professionnelle. 6 milliards d'euros de gains annuels pour les entreprises. Pour le gouvernement, l'objectif c'est de soutenir l'emploi. La hausse du prix des cigarettes... retardée. C'est une info des Echos, ce matin. Elle était prévue pour le 5 octobre (au moins 6%), mais le gouvernement aurait décider d'attendre. Orange-France Telecom. La Gauche réclame, depuis hier, la tête du PDG Didier Lombard. La Droite et le gouvernement, un changement radical de la gestion des ressources humaines au sein de l'entreprise.

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