Les hommes et les femmes politiques, c'est bien connu, travaillent beaucoup le dimanche. C'est le jour des grandes émissions radio-télé. Et le jour idéal souvent, pour lancer une idée. Ou une polémique. Hier, c'est Bruno Le Roux, le président du groupe PS à l'Assemblée nationale qui a, ainsi, utilisé son dimanche pour faire passer un message au gouvernement. Je résume son message: "et si on renonçait à baisser le taux réduit de TVA pour financer plusieurs mesures en faveur du pouvoir d'achat?". L'idée circule depuis quelques jours dans les rangs socialistes, mais n'avait pas été exprimée, publiquement, et aussi clairement jusqu'ici. Voilà le rappel des faits. Au 1er janvier prochain, les taux de TVA doivent changer. Le taux normal doit passer de 19,6 à 20%, le taux dit "intermédiaire" grimper à 10%. Et dans un mouvement inverse, le taux "réduit" (celui qui s'applique aux produits de première nécessité) doit légèrement diminuer. De 5,5 à 5%. L'autre élément de contexte qu'il faut avoir en tête pour comprendre le débat lancé, hier, par Bruno Le Roux, c'est que les députés socialistes, secoués par des électeurs qui se plaignent de leur impôts, cherchent, par tous les moyens, à introduire dans le projet de budget pour l'année prochaine, des mesures supplémentaires favorales aux ménages les plus modestes. Le gouvernement est d'accord pour amender son texte. On a compris, par exemple, qu'il pourrait accepter de revenir sur la suppression de la réduction d'impôts pour enfants scolarisés, mais il y a une condition: à chaque fois qu'on reviendra sur une économie prévue, il faudra en trouver une autre, équivalente. Ou augmenter un impôt. C'est l'esprit, et la lettre, de l'article 40 de la Constitution: "un amendement parlementaire ne peut pas accroître la dépense publique". D'où cette proposition de Bruno Le Roux: et si on augmentait le taux réduit de TVA pour financer, par exemple, un geste sur la Prime Pour l'Emploi, ou ce qu'on appelle la "demi-part des veuves". Matignon, qui a senti le coup venir, a prévenu, en fin de semaine dernière: "attention au message que pourrait envoyer une telle initiative. Il va falloir expliquer pourquoi on augmente une taxe. Autrement dit, c'est impossible. Bruno Le Roux a tenté, hier, malgré tout: le passage d'une TVA, de 5,5 à 5%, "ça représente moins d'un centime de gagné sur un paquet de pâtes alimentaires". Autrement dit: "ce n'est rien". Un argument-boomerang... qui pourrait vite revenir à la figure de la majorité qu'il représente, qui mettait en avant cette baisse pour faire avaler les autres hausses!

Fébrilité. L'Italie et les Etats-Unis rendent les marchés financiers très fébriles. Et pour l'un et l'autre cas, c'est une impression de "déjà-vu", qui domine. A tel point qu'on ne sait plus si le risque est réel, ou si les investisseurs s'amusent à se faire peur. En tout cas, la crise politique en Italie, provoquée par la démission du gouvernement des ministres "berlusconiens", fait crainte une envolée des taux d'intérêt sur la dette du pays. Depuis le début de la crise de l'euro, c'est le scénario qui fait le plus peur parce que si l'Italie venait à tomber, l'Europe n'aurait pas les moyens de la sauver.Aux Etats-Unis, en revanche, la paralysie budgétaire semble de plus en plus probable. Démocrates et Républicains n'ayant toujours pas trouvé de compromis sur le projet de Loi de finances.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.