C'est une petite phrase, totalement déprimante, bien que parfaitement lucide. Une petite phrase prononcée, la semaine dernière, par un économiste. Autour d'un buffet froid, auquels sont conviés une quinzaine de journalistes, il présente ses prévisions macro-économiques pour les prochains mois. Et cette petite phrase, finalement, tombe: "en ce qui concerne le chômage, dit ce conjoncturiste, il ne faut rien attendre de bon avant la fin 2015". Aux chômeurs qui nous écoutent: rien à espérer, donc, avant 1 an, au mieux! Hier soir, l'Unedic a confirmé l'horrible pronostic. L'assurance-chômage prévoit 96 mille demandeurs d'emplois supplémentaires, l'année prochaine. 2015 sera la 8ème année consécutive de hausse du chômage, en France. 8 ans! Les économistes haussent les épaules: "sans croissance, pas d'emplois"! Voilà tout. Et la politique "pro-entreprises"? demande-t-on. Eh bien, une "politique de l'offre", ça prend beaucoup de temps avant de produire des effets, répondent, en coeur, politiques et spécialistes. Pour s'en convaincre, rien de mieux que de se plonger dans un rapport qui sera rendu public, ce matin, le rapport du Comité de suivi du CICE (présidé par Jean-Pisani-Ferry, le commissaire général de France Stratégie). Le CICE, le Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi, c'est le 1er acte posé par François Hollande, au nom, précisément, de la compétitivité des entreprises. Le rapport le rappelle -on l'avait presque oublié-: il a été annoncé en novembre 2012 (il y a presque 2 ans!), mis en place le 1er janvier 2013. Mais il n'est devenu réalité, pour les entreprises, note le rapport, qu'en avril de cette année. Et encore, certaines entreprises (celles, par exemple, qui présentent un exercice décalé) ne l'ont pas encore pris en compte! Gros décalage, donc. Décalage encore, dans les prévisions: là, où on anticipait 13 milliards d'euros, distribués grâce à ce crédit d'impôt cette année, début septembre, à peine plus de 5 milliards d'euros avaient été concrêtement versés ou rétrocés aux entreprises. Pas de quoi retourner quoique ce soit en terme de conjoncture et d'emplois. D'autant, que cet argent, le rapport le souligne également, ne se traduit pas en embauches fermes et immédiates, "recrutements quasi-absents" lit-on. L'investissement reste le premier usage du CICE par les entreprises. Bonne nouvelle, il fai si cruellement défaut? Et puis, ces investissements se traduiront bien, un jour, en emplois. Mais, il va falloir, encore et encore, attendre.

Pour tous. Il n'y a pas que les familles qui vont payer pour combler le "trou de la Sécu". Les annonces d'hier, du gouvernement ne se limitent pas à la seule branche "famille" de la Sécurité Sociale En plus, donc, des 700 millions d'économies réalisées sur le congés parental, la prime naissance et autres... l'Assurance maladie, également, va devoir économiser plus de 3 milliards d'euros. L'hôpital, les actes redondants, les médicaments génériques: les cibles sont connues. Mais les retraités les plus aisés, aussi, vont être mis à contribution: 1 demi-million d'entre eux vont passer du taux réduit de CSG (à 3,8) au taux normal (6,6%). Comme les futurs veufs et veuves: le capital décès va être raboté.

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