Vous en sortez comment, vous, de cette crise, si tant est qu'on en sorte? Vous en sortez dans quel état? Sans encombre? Ruiné? Chômeur? Je ne suis pas sûr que ça va totalement vous réjouir ou vous rassurer, mais les grandes entreprises, elles, en sortent plus riches qu'avant! Elles en sortent, gorgées de liquidités! Pendant ces longs mois de récession, elles ont arrêté d'investir, elles se sont désendettées, elles se sont restructurées (en taillant dans leurs effectifs, notamment). Et elles ont accumulé de fantastiques "trésors de guerre". Selon une estimation toute récente, les mille premiers groupes mondiaux disposent, aujourd'hui, après plus de 2 ans de crise, de 2 mille milliards de dollars de trésorerie. Grosso modo, c'est la richesse produite en 1 an, en France ou au Brésil! Selon les calculs de la Tribune hier, les 20 premières entreprises du CAC40, en France, ont accumulé, à elles seules, 80 milliards d'euros! Ce sont tous ces "pactoles", engrangés ici et là, qui expliquent, la multiplication des opérations de fusions, d'acquisitions, ces OPA auxquelles on a assisté pendant tout ce mois d'août. Chaque jour, une annonce. Parfois plusieurs (grande ou petite affaire)! Aucun secteur n'est épargné: les matières premières, l'énergie (avec GDF Suez, très actif), les télécoms, l'informatique (énorme bataille entre HP et Dell pour racheter un spécialiste du stockage de données), la pharmacie encore, avec Sanofi-Aventis qui attaque Genzyne, un labo américain. Une "belle saison" commence, explique -gourmand et un peu cynique- un actionnaire, "les affaires reprennent, enfin". Parce que les entreprises regorgent d'argent, donc. Parce que les cours de bourse sont extrêment bas: on peut, donc, acheter une entreprise à moindre coût, et c'est très tentant. Enfin, parce que les banques prêtent à nouveau, et financent ces opérations. Les banques d'affaires, celles qui conseillent, et inventent les montages financiers, elles aussi, se frottent les mains: depuis l'été 2007, elles n'avaient plus grand chose à se mettre sous la dent (l'OPA, c'est aussi un marché!). Tout ça fait dire, que cette série des rachats et d'OPA ne fait que commencer. La "vie très usante" d'Eric Woerth. Cette fois-ci, le ministre du Travail ne parle de l'affaire Bettencourt, mais de la réforme des retraites. Et d'une modification du texte du gouvernement. Eric Woerth, dans un entretien au Figaro, explique qu'il va faire évoluer le volet "pénibilité", pour répondre aux cas des salariés qui ont eu une vie professionnelle "très usante", mais sans que cela soit médicalement constatable au moment de la retraite. La prise en compte de la "pénibilité à effet différé": c'est l'une des revendications des syndicats. Sur l'âge légal en revanche, Eric Woerth ne varie pas: "62 ans, c'est un âge de raison" dit-il, compte-tenu de l'allongement de notre durée de vie. Triple taxe. L'assurance-vie, les complémentaires-santé et les assureurs: tous taxés pour rembourser la dette sociale. Bercy a dévoilé ses intentions, hier. Ces nouvelles mesures doivent rapporter plus de 3 milliards d'euros. Et pourraient renchérir le coût des complémentaires-santé de 3% au moins, selon les calculs des professionnels du secteur. Relance 2, the comeback. Wall Street encore en baisse, hier. Barack Obama envisage de nouvelles mesures de relance de l'économie américaine.

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