Etonnante situation, hier, au siège de Pernod-Ricard, à Paris. On est à la mi-journée (à l'heure de l'apérétif) et le groupe, n°2 mondial des vins et spiritueux, dévoile ses résultats financiers, pour son exercice 2011/2012. Ils sont excellents: des "chiffres glamour" entendra-t-on, au cours de cette conférence de presse. Mais les dirigeants du groupe doivent mener cet exercice dans un contexte très particulier: ils prennent la parole, pour la première fois, 3 semaines après la mort soudaine de leur président, Patrick Ricard, le fils du fondateur. Un "choc" pour l'entreprise. La séance commence, donc, par un hommage, mais quand les questions, plus tard, se font plus précises, Pierre Pringuet, le Directeur Général de Pernod-Ricard, coupe court à la curiosité des journalistes: "mettons de la pudeur sur tout ça, s'il vous plait". En fait, la réunion sert à introduire le sucesseur désigné de Patrick Ricard. Ce sera, comme on s'y attendait, son neveu: Alexandre. On se souvient alors de la boutade lue dans Libé, cet été: pour sa sucession, Patrick voulait "un Ricard sinon rien". Une surprise, quand même: il va devoir attendre un peu, le temps de parachever sa formation. C'est, donc, en 2015 qu'il deviendra PDG du groupe: la famille Ricard, alors, reprendra, à nouveau, totalement les rênes de l'entreprise. Dans l'intervalle, Danièle Ricard, soeur du défund, présidera le Conseil d'administration. Pierre Pringuet, le DG, qui quittera, donc, ses fonctions dans moins de 3 ans, atteint par la limite d'âge, veut rassurer tout le monde: "Danièle a toujours été une administratrice assidue, rigoureuse et enthousiaste". "Quant à moi, pas de soucis: je n'avais pas l'intention de jouer les prolongations", dit-il, pour dédramatiser totalement la situation. En fait, de drame, il n'y a pas. Côté chiffres, Pernod-Ricard affiche une santé insolente. Le chiffre d'affaire est en hausse de 8%, les bénéfices de 10. Les pays émergents tirent la croissance du groupe: +15% en Asie (en Chine, Pernod-Ricard vient de fêter le premier million de caisses vendues de cognac Martell). Même progression au Brésil. +28% en Russie. Aux Etats-Unis, ça grimpe aussi: +5%. On se dit alors que c'est un étrange métier, quand même, que celui de faire boire la planète entière: "l'Afrique est notre nouveau territoire de conquête" entend-on. L'Europe du sud, crise oblige, recule cela dit. Le marché français aussi. La faute, là, à la hausse des droits sur l'alcool, décidé par François Fillon, l'année dernière. Suit la description par produit: le Chivas (+11%), la vodka Absolut (+3%), le Malibu (+4). La conférence se termine. Et tout le monde est invité à aller boire un verre.

Eté pourri . La saison touristique estivale n'a pas été bonne. La fréquentation a reculé de 1,6% cet été, selon des chiffres (encore provisoires) publiés, hier soir, par le ministère du Tourisme. En cause: la crise économique, mais aussi la mauvaise météo du mois de juillet. Sans la fréquentation des touristes étrangers (en hausse, elle), le bilan touristique de cet été, en France, serait "plus noir" encore. Parce que les Français sont moins partis. Quand ils sont partis en vacances, c'était moins lontemps. Et surtout ils ont réduit leurs dépenses, en recul de presque 5%.I'm Free. Les résultats de Free mobile pour le 1er semestre, publiés à l'instant. Le 4ème opérateur de téléphonie mobile a recruté 3,6 millions d'abonnés en 6 mois. C'est 5,4% de part de marché.

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