Vous avez, peut-être, oublié son nom... fin 2008 (juste après la chute de Lehman Brothers), et pendant les mois qui ont suivi (c'est-à-dire, la phase la plus aiguë de la crise financière): on a parlé de lui de nombreuses fois. John Paulson est le patron de l'un des plus important fonds spéculatifs de la planète (il porte son nom, c'est plus simple: le Fonds John Paulson). C'est ce qu'on appelle, autrement encore, un "hedge funds". Et si on a parlé de lui en 2008, c'est que cette année là, alors le monde basculait dans la crise, lui, signait une performance boursière totalement à contre-courant. Il empochait, à titre personnel, 4 milliards de dollars de revenus! Il avait tout simplement parié (avant et plus fortement que d'autres) sur l'effondrement de l'économie américaine. Le cynisme paie. Mais pas seulement parce John Paulson vient de renouveler son exploit, et cette fois-ci en sens inverse: en pariant (là encore avant les autres et plus fortement que les autres) sur la reprise de l'économie. C'est le Wall Street Journal qui l'affirme: John Paulson a empoché, en 2010, plus de 5 milliards de dollars. Cela dit, il a dû avoir quelques sueurs froides parce que c'est, seulement, dans les toutes dernières semaines de 2010 qu'il gagné son "pari de la reprise" et réussi à engranger de très importants bénéfices. Qui font aussi le bonheur de ses clients: le Fonds Paulson, forcément, est l'un des plus prisé. Il gère, au total, 36 milliards de dollars. Alors pour arriver à ce résultat, John Paulson a misé beaucoup sur les banques d'abord. Elles ont renoué avec les bénéfices: lui aussi, par ricohet. Les banques, qui critiquent, et jalousent, les hedges funds bien moins régulés, bien bien surveillés, qu'elles. John Paulson a aussi misé sur l'or. Il a beaucoup acheté d'actions de compagnies aurifères. L'or qui a pris plus de 30% l'année dernière: pari gagné, là encore. Il a aussi anticipé le retour de l'inflation, via la hausse des cours de matières premières: là encore, ça lui a été bénéfique. Finalement, il n'y a qu'un pari, qu'il a perdu en 2010: c'est la reprise du marché immobilier américain. Qui ne s'est pas produit. On ne gagne pas -des milliards!- à tous les coups. Les manifestations en Egypte pèsent sur l'économie. A tous les niveaux. Le secteur touristique, d'abord. Les tours-opérateurs français ont décidé, hier soir, de suspendre leurs départs jusqu'à jeudi, au minimum. Il n'y a quasiment plus de touristes français, au Caire. Ceux qui restent sont dans les stations balnéaires, ou en croisière sur le Nil. Le groupe français Lafarge a décidé, hier, de faire rentrer une centaine de ses expatriés et leurs familles. Le Crédit Agricole évacue, également, les familles de ses salariés français, travaillant en Egypte. La crise égyptienne pèse également sur les marchés, dans la crainte d'une "contagion" à toute la région. Les cours du pétrole augmentent: on a frôlé les 100 dollars/le baril, vendredi. L'Egypte n'est pas un gros producteur mais le canal de Suez est évidemment essentiel pour l'acheminement du pétrole du Moyen-Orient.

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