Le gouvernement s'aligne-t-il sur François Hollande, ou, tout simplement, saisit-il la perche, trop facilement tendue par le candidat socialiste? C'est la question qu'on peut, légitimement, se poser après la révision officielle de la prévision de croissance pour 2012. C'est François Fillon, lui même qui l'a annoncée hier: le gouvernement ne s'attend plus qu'à 0,5% de croissance, cette année. Un demi-point. Contre 1% jusqu'ici. Et 1,75% au moment du Projet de Loi de finances initial. Le Premier ministre a pris tout le monde de court en procédant ainsi à cette révision, dès hier. Une démarche qu'il n'a, évidemment, pas fait de bon coeur. Il y a un mois encore, il expliquait, pour jurer qu'il n'y aurait pas de nouveau plan de rigueur, qu'il ne procéderait pas à une nouvelle correction de ses prévisions, avant la Présidentielle. "C'est quand on constatera le niveau d'activité que nous verrons s'il faut modifier notre objectif" a expliqué, plusieurs fois le Chef du gouvernement, avant de se plier à l'exigence du président. En choisissant d'instaurer une TVA sociale, Nicolas Sarkozy oblige, en effet, le Parlement à examiner un nouveau Projet de Loi de finances. Et oblige, donc, le gouvernement a réviser ses prévisions macro-économiques, plu tôt qu'il ne l'aurait voulu. François Fillon aurait pu, cela dit, attendre encore une dizaine de jours, attendre le passage en Conseil des ministres du texte pour procéder à cette déchirante révision mais, cette fois-ci, c'est François Hollande qui l'a, sans doute, convaincu d'aller plus vite. Le candidat socialiste a, en effet, la semaine dernière, basé son programme sur une prévision à 0,5%. Le gouvernement s'est donc immédiatement aligné, dans une sorte d'entente "objective" avec le PS. 0,5%, le chiffre convient, finalement, à tout le monde. Il permet aux Socialistes de continuer à promettre (un peu), même si sera dur. Et il permet au gouvernement de continuer à jurer qu'aucune nouvelle mesure de rigueur n'est en préparation, même si ce n'est pas tout à fait vrai. Et tant pis, si le FMI et d'autres organismes, sont bien plus pessimistes.

La TVA sociale va faire mal... aux fumeurs! C'est le quotidien Les Echos qui révèle l'information: la hausse de la TVA, voulue par Nicolas Sarkozy (le passage de 19,6 à 21,2%) va avoir un effet mutiplicateur sur le prix des cigarettes. En raison du mode spécifique de fixation de son prix, le paquet de cigarette pourrait augmenter d'au moins 10%. Ca met les Marlboro à 6,8 euros. Les buralistes montent déjà au créneau pour réclamer un geste du gouvernement comme le fut le cas en 95, quand la TVA avait, déjà, été augmentée. A Bercy, on réfléchit, mais on rappelle qu'une hausse de 6% est déjà, programmée pour cette année.UE. A Bruxelles, adoption, hier soir, du "pacte budgétaire", voulu par l'Allemagne. Seuls 25 pays sur 27 ont accepté ce nouveau Traité: la République tchèque a rejoint la Grande-Bretagne pour dire "non" à ce texte, qui impose une discipline budgétaire accrue et des sanctions quasi-automatiques en cas de dérapage.Grèce. Le cas de Grèce n'a pas été réglé. Nicolas Sarkozy, hier, a suggéré que la Centrale Européenne fasse un geste, en plus des banques privées, qui négocient, en ce moment, les détails de l'effacement de la moitié du pays. La BCE détient autour de 45 milliards d'euros de dette grecque et pourrait, donc, elle aussi, décider d'en effacer une partie.

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