C'est un patron qui s'en va. Un de plus, mais celui-ci le jure: "je ne pars pas en Belgique. J'aime la France, j'ai envie d'y rester" explique-t-il dans les Echos, ce matin. "Je suis convaincu qu'on peut y être entrepreneur" ajoute-t-il. Guillaume Poitrinal est un inconnu pour le grand public. Son entreprise, Unibail-Rodamco, presque autant. Qui connaît son nom, et qui sait qu'elle fait partie du CAC 40? Unibail Rodamco est spécialisée dans l'immobilier commercial: les tours de bureaux, les Palais d'exposition et les Centres commerciaux. Unibail exploite "Euralille", à Lille, le "Forum des Halles", à Paris, les "4 temps", à la Défense... Guillaume Poitrinal a pris les rênes de l'entreprise en 2005, il avait alors 37 ans! Il en a 45 aujourd'hui, ce qui fait, faisait de lui le plus jeune patron du CAC 40. En 8 ans, il a multiplié la taille de l'entreprise par 4 depuis. Son cours de bourse a presque doublé, et, hier, l'entreprise a publié un bilan 2012 plutôt flatteur. Mais voilà, "chez Unibail, quand on réussi, on bouge!" affirme Guillaume Poitrinal, qui a, donc, annoncé, hier, à la surprise générale, qu'il allait quitter l'entreprise. "Ce n'est pas un départ sur un coup de tête" dit-il, "ce n'est pas, non plus, un départ imposé". Guillaume Poitrinal lâche alors en guise d'explications cette petite phrase qui devrait défriser plusieurs de ses homologues: "je n'ai jamais considéré qu'être un patron du CAC 40 était un aboutissement". Alors le voilà, donc, sur le départ. Selon les derniers chiffres connus, il abandonne un salaire annuel d'1 million 700 mille euros. Mais part avec un gros paquet d'actions Unibail, qui devrait lui permettre de voir venir. Cet argent va "me servir à investir" dit-il, même s'il affirme ne pas avoir, à ce stade de projet précis. S'il se lance, il saura ce qui l'attend en France parce qu'il est l'auteur d'un petit livre, sorti l'année dernière: "Plus vite! La France malade de son temps". Il y dénonçait ce qui, pour lui, est un des handicaps majeurs de notre pays: sa lenteur. "Tout, aujourd'hui, s'y fait moins vite qu'avant, et moins vite qu'ailleurs" expliquait-il. Et c'est vrai aussi bien pour les entreprises que le secteur public (la construction de logements, d'école etc...). Et pour lui, cette lenteur a un "coût social, économique et fiscal". J'ai lu quelque part que François Hollande, cet été, avait emporté son livre, pour ses vacances à Brégançon.

Mauvaises nouvelles. C'est une information du Figaro: le Crédit Agricole s'apprête à annoncer qu'elle va passer de nouvelles provisions dans ses comptes. Cette nouvelle "opération vérité", ce nouveau "nettoyage de bilan" va, forcément, alourdir des pertes financières qui s'élevaient déjà 2 milliards et demi d'euros, fin septembre. Le journal n'évalue pas les nouvelles pertes à venir: un Conseil d'administration de la banque doit les fixer aujourd'hui.Au plus haut. L'euro a franchi, hier, et pour la pemière fois depuis plus d'un an, le seuil d'1 dollar 35. Le gouvernement français commence à s'en inquièter: "l'euro est trop fort" a dit, hier, Arnaud Montebourg.

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