C'est cet après-midi, à l'Assemblée, que les députés doivent adopter la partie française du Plan de sauvetage de l'euro. Ce Plan à 750 milliards d'euros, et qui, au passage (il faut bien le rappeler) n'a toujours pas été, officiellement, entériné au niveau européen, puisque les pays membres de la zone euro ne sont toujours pas d'accord sur les modalités d'application. Heureusement pour nous (peut-on dire), l'autre partie de la riposte européenne à la "bourrasque financière" de ces dernières semaines, fonctionne, elle: c'est l'action de la Banque Centrale Européenne, qui rachète (ce qu'elle s'était toujours refusé à faire jusqu'ici)... qui rachète directement de la dette publique, émise par certains pays membres de la zone euro. C'est efficace puisque cette opération a permis de détendre la situation, sur ce marché des obligations souveraines (là, où était massacrée, depuis des mois, la Grèce)... mais cette "révolution" de la BCE suscite, toujours, beaucoup d'interrogations. Et beaucoup de critiques... venant (qui va être surpris?) d'Allemagne. Où on n'a toujours pas digéré l'abandon d'un des "dogmes", fondamental, de la Banque Centrale Européenne. A Berlin, certains économistes considérent qu'on fait courrir un risque énorme à la BCE, le risque de la transformer en "bad bank", ces structures où on réunit tous les mauvais actifs (les "actifs pourris") d'une banque en difficulté, pour la sauver de la faillite. La BCE rachetant, désormais, des titres de pays en difficulté (40 milliards rachetés, à ce stade, dont 25 en titres grecs), elle se transformerait, de fait (selon certains), en une structure de défaisance, une "bad bank". Une catastrophe, si un pays (la Grèce, par exemple) venait à se déclarer en cessation de paiement. A cette critique, s'ajoute l'impression, à la Bundesbank (c'est la presse allemande qui a relayé l'information, ce week-end) d'avoir été victime d'un "complot français" dans toute cette affaire: Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, aurait cédé aux injonctions de Paris, pour lui faire racheter de la dette grecque. Afin de sauver les banques... françaises, très impliquées en Grèce! Un "complot français, à la BCE", rien que ça!. L'accusation, en dit long, sur l'état de la confiance qui règne, aujourd'hui, entre Français et Allemands! La France s'inquiète pour sa "note" internationale. Le fameux "triple A", la meilleure note possible qui permet à la France de s'endetter à moindre coût. Le maintien de cette note, c'est un objectif "tendu", selon le ministre du budget. François Baroin. Qui a précisé, hier, que cet objectif conditionne, bel et bien, la politique de réduction des déficits qu'entend mener le gouvernement. Bercy, hier, relativisait les propos du ministre: par objectif "tendu", il ne faut pas comprendre "difficile", mais "exigeant", "qui ne se relâche pas". Plus d'impôts... en Allemagne. En tout cas -François Baroin l'a répété-, "pas question d'augmenter les impôts". En Allemagne, c'est tout l'inverse: le gouvernement prépare les esprits à une hausse possible de la TVA. SNCF SA? Bruxelles pourrait imposer à la France de changer le statut de la SNCF. En fait, de la transformer en Société Anonyme. C'est une information des Echos, ce matin. Concrêtement, la Commission européenne veut mettre fin à la "garantie publique", dont bénéficie la SNCF. Et qu'elle voit comme une entrave à la concurrence. Paris a, d'ores et déjà, opposé une fin de non-recevoir, au premier courrier envoyé par Bruxelles.

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