Par Régis Lachaud.

Hermès contre LVMH. L'affiche a de quoi faire rêver les amateurs de beaux objets très chers mais le scénario ressemble plutôt à un polar financier un peu glauque. Episode du jour : une audience publique de la commission des sanctions de l'autorité des marchés financiers (l'AMF). Le gendarme de la bourse doit établir si, oui ou non, le numéro un mondial du luxe a enfreint la règlementation boursière en entrant trop discrètement dans le capital d'Hermès. L'entreprise familiale se présente comme un artisan mais pèse en bourse la bagatelle de 29 milliards d'euros, au cours actuel. C'est plus que France Télécom ou EDF, par exemple... Rappel des faits : au début des années 2000, LVMH achète des actions Hermès pour 4,9% du capital, sans prévenir personne. Le seuil de 5% n'est pas franchi donc rien ne l'y oblige. Mais coup de théâtre en 2010... LVMH annonce tout d'un coup détenir 17% d'Hermès tout en précisant qu'il s'agit d'un simple investissement financier et qu'il n'a pas du tout l'intention de prendre le contrôle de la belle entreprise familiale. Ce que contestent les dirigeants d'Hermès... Aujourd'hui, LVMH détient près de 23% d'Hermès avec, à la clé, une plus-value latente supérieure à 2 milliards d'euros. Voilà pour les faits. Mais quels sont les personnages de ce polar boursier ? Bernard Arnault le PDG de LVMH, tout le monde connaît, ou presque... Chez Hermès, en revanche, on trouve une famille discrète qui a fait fortune en introduisant l'entreprise familiale en bourse. L'action vaut ce matin 276 euros contre moins de 50 il y a dix ans. Les héritiers Hermès dénoncent Bernard Arnault comme un rapace sans scrupule. En face, certaines mauvaises langues affirment que plus d'un actionnaire d'Hermès sur trois serait un exilé fiscal. Collectivement, la famille Hermès a verrouillé son trésor... statut de commandite et création d'une holding de contrôle familial (H51). De son côté, LVMH continue de crier son innocence et sa pureté d'intention. Le groupe présentera aujourd'hui ses arguments, par la voix de son vice-président Pierre Godet. Entre les deux, la commission des sanctions va détailler ce que ses enquêteurs ont trouvé. Le rapport fait plus de 100 pages et on parlera beaucoup de technique financière (swaps et autres produits dérivés portés par des banques). Au final, la décision de l'AMF ne sera rendue que dans quelques semaines. Mais la guerre du luxe ne fait de toute façon que commencer. Il y a aussi des plaintes au pénal... Des deux côtés.

Inexorablement. Le chômage poursuit sa progression inexorable. Plus 39 800 demandeurs d'emplois en Avril. Cette forte hausse est due à la récession. Pole Emploi précise qu'elle touche surtout les jeunes, les seniors et les chômeurs de très longue durée.

Guerre des monnaies. L'euro grimpe à nouveau face au dollar. La monnaie européenne est repassée hier au-dessus du seuil d'un dollar 30. La guerre des monnaies s'intensifie entre grandes puissances.

Enchères. L'Elysée vend sa cave aux enchères. La première journée a rapporté hier près de 300 000 euros, avec notamment la vente de deux bouteilles de Petrus 1990, adjugées à plus de 5000 euros chacune...

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