C'est la période qui veut ça mais c'est bien la question qu'on s'est immédiatement posée, dimanche soir, à l'annonce de son éviction de la tête de PSA. Les syndicats, eux aussi, ont immédiatement prévenu : "gare au parachute doré !" ont-ils spontanément déclaré, rappelant les suppressions de postes et les 3 milliards d'euros d'aide, accordés par l'Etat. Alors depuis cette annonce, on s'est renseignés, et il se trouve que le "cas Streiff" est un merveilleux "cas d'école" qui permet de comprendre (un bout) de la mécanique à l'oeuvre s'agissant de la rémunération de nos grands patrons. "Il n'y a pas de parachute doré chez Peugeot, et il n'y en a jamais eu": c'est ce qu'explique, aux journalistes, le service de communication de PSA. Alors, c'est vrai, mais ça ne recouvre pas totalement la réalité des choses. C'est vrai, parce que c'est écrit, noir sur blanc, sur les documents officiels du groupe : le patron, mandataire social, bénéficie d'un salaire fixe, d'une part variable (le fameux "bonus" mais auquel Christian Streiff a renoncé, cette année, sous la pression du gouvernement). Le patron de PSA peut aussi se voir attribuer des stock-options. Il peut enfin et théoriquement bénéficier d'une retraite-chapeau mais Christian Streiff n'est pas resté assez longtemps pour la toucher. Nulle trace, donc, d'indemnités de départ, de "parachute doré". Sauf que Christian Streiff, dimanche soir, a simplement été déchu de son statut de mandataire social. Il est redevenu -devenu, en fait- simple "salarié" de PSA. Et, à ce titre, il profitera d'indemnités de départ "conventionnelles" (pour un total autour de 300 000 euros, selon les calculs des syndicats). 300 000 euros ou plus, puisque là, tout devient, à nouveau, négociable (et plus discret d'ailleurs : sans obligation de publication). Christian Streiff ne s'en cache pas d'ailleurs, ce matin, dans l'entretien qu'il accorde aux "Echos": il va très vite faire appel à son avocat. Ce cumul possible des avantages du mandataire social et du salarié ressemble, donc, fort à un système "gagnant-gagnant", bien moins transparent, finalement, que les parachutes dorés. Il faut savoir qu'il est désormais proscrit par le Médef (dans son code éthique). PSA affirme, d'ailleurs aujourd'hui, que Philippe Varin, son nouveau patron, n'en profitera pas. Le 1er mai prochain sera unitaire ! Les 8 organisations de l'Intersyndicale parlent, du coup, d'un appel "inédit, exceptionnel". Prédisent un 1er mai "gigantesque". Hier soir, elles ont décidé de lancer un mot d'ordre "unique" pour la fête du travail. Force Ouvrière qui fait, traditionnellement, "bande à part" le 1er mai, sera là. Les cadres de la CGC qui, d'habitude, ne manifestent pas, seront également présents. Pour l'emploi, le pouvoir d'achat : l'objectif, pour les syndicats, c'est de mobiliser plus de monde encore que les 29 janvier et 19 mars derniers. Le décret ! C'est ce matin qu'est publié au Journal officiel le décret Fillon encadrant les rémunérations des patrons des entreprises aidées par l'état. En fait, ils sont juste "privés de stock-options", le temps de la crise. Les bonus, eux, sont simplement un peu plus encadrés. Les entreprises qui mettent en place des plans sociaux d'ampleur ou qui recourrent au chômage partiel, échappent au couperet. Un "Comité des sages", confié au patronat, veillera, tout de même, à éviter les abus.

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