Et on parle -encore!- de la Grèce. Vendredi, on l'avait quitté (si on ose dire) rassurés: l'Union européenne venait de trouver un compromis sur un plan d'aide, à Athènes. C'était certes, dans la douleur, après d'âpres discussions entre l'Allemagne et le reste de l'Union, mais en quittant Bruxelles, tout le monde se disait "content", d'autant que la Banque Centrale Européenne, elle aussi, avait un geste pour rassurer les marchés. Preuve que ça "allait mieux": les taux d'intérêt sur la dette grecque repartaient, légèrement, à la baisse. Profitant de cette éclaircie, le gouvernement grec a lancé, dès lundi, une opération de refinancement sur les marchés. Et là, tout s'est, à nouveau, noirci. L'optimisme -précaire- du week-end a disparu d'un seul coup. Athènes, pourtant, n'a pas raté son opération. Le gouvernement souhaitait trouver 5 milliards d'euros. Et il les a obtenu. Des banques sont venues acheter ses Bons du trésor. Sauf qu'en regardant de plus près, on s'aperçoit: (1) que ces banques étaient bien moins nombreuses que d'habitude pour ce genre d'opération. Athènes explique que c'est en raison des fêtes de Pâques, mais personne n'y croit. (2) que la Grèce a dû s'endetter à un taux encore très élevé: autour de 6%, quand l'Allemagne (la référence en Europe) se limite à 3%! Autrement dit, rien à changé pour la Grèce depuis le Sommet de Bruxelles: l'argent, elle n'a pas du mal à en trouver, mais on lui prête bien trop cher pour lui permettre de sortir de la spirale de l'endettement. Bref, c'est retour à la "case départ". Voire pire, parce que ce long feuilleton à rebondissement de la crise grecque commence franchement à fatiguer les investisseurs. Hier, un spécialiste de ces questions me disait qu'il conseillait, depuis hier, à ses clients, de ne plus acheter de la "dette grecque". Il me donnait ce conseil d' ami(que je m'empresse de vous livrer) "quand toutes les raisons objectives montrent qu'un cours de bourse doit baisser et qu'il ne baisse pas, c'est le moment de partir!" (ça marche aussi à la hausse). Si beaucoup d'investisseurs suivent ce conseil, la Grèce n'a pas fini de s'inquièter. On ne rigole pas! Les syndicats appellent à manifester... le 1er mai! C'est le résultat de la réunion de l'Intersyndicale, hier soir, qui devait réfléchir aux suites à donner à la journée nationale de mobilisation du 23 mars dernier. Résultat, donc: les 5 syndicats présents hier, appelent à un "grand 1er mai revendicatif". Contre la politique économique et sociale du gouvernement. D'ici là (le 20 avril), l'intersyndicale promet d'envoyer une "déclaration commune" au Président de la République. A la SNCF en revanche, les syndicats sont plus directs. La CGT et la CFDT-Fgaac lancent un mot d'ordre de grève reconductible, à partir de mardi prochain, 20h. Ce sera la 3ème grève depuis de le début de cette année. Une "forme de désinvolture", commente la direction de la SNCF. Après la taxe "bonus", et avant, peut-être, une taxe "Tobin" .. la taxe "banques"! L'Allemagne dévoile son projet aujourd'hui. Christine Lagarde, qui assiste, ce matin, au Conseil des ministres allemand, confirme que la France y réfléchit également... une taxe sur les activités bancaires les plus risquées et dont le produit irait, directement, dans les caisses de l'Etat.

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