C'était l'un des "éléments de langage" répétés, hier soir, par les ministres ou responsables de la majorité, sonnés par la défaite: "il faut davantage de justice sociale", davantage "de justice dans le redressement" (pour les plus audacieux). Dès avant ce 2ème tour, l'idée d'un geste, d'une baisse d'impôt pour les ménages les plus modestes, cette idée avait percée. Trop tard pour sauver quoique soit mais, dès cette semaine, -mercredi pour être précis- une proposition sera, bel et bien, sur la table, avec la remise du rapport du groupe de travail mis en place dans le cadre de la réforme fiscale, groupe chargé de la fiscalité des ménages, précisément. C'est lui qui a étudié l'hypothèse d'un impôt prélevé à la source. C'est encore ce groupe de travail qui doit dire, si oui ou non, une fusion de l'Impôt sur le revenu et de la CSG est souhaitable. Ce sont ces sujets qui ont beaucoup focalisé l'attention, il y a quelques semaines, laissant, de côté (à tort, on le voit maintenant), un dernier aspect: l'hypothèse d'une fusion du RSA et de la Prime de l'Emploi. C'est pourtant dans ce chapitre du futur rapport que le prochain gouvernement devrait trouver une solution pour répondre -en partie- à la sanction des urnes. Le rapport étudie les différentes voies possibles de fusion, et en explore, finalement, une qui pourrait séduire un Chef de l'Etat, à la recherche d'un rebond. Toujours dans l'idée de poursuivre un double objectif, c'est-à-dire d'une part, inciter les chômeurs à la reprise d'une activité, et de l'autre, améliorer le pouvoir d'achat des plus modestes, le rapport préconise, de maintenir le RSA activité (celui qu'on peut toucher en pluss de son salaire) mais de supprimer, en revanche, la Prime Pour l'Emploi (PPE) pour la recycler en baisse de charges pour les bas salaires. Concrêtement: comme on le fait pour les entreprises, le rapport propose de baisser les cotisations payées par les salariés, avec cet effet immédiat, sonnant et trébuchant: l'augmentation du salaire net des salariés! L'effet pourrait être maximal au niveau du SMIC. Sans ajouter d'argent, c'est-à-dire en réutilisant les milliards de la PPE, ça ferait gagner 50 euros par mois, à chaque smicard. Mais en ajoutant 2 milliards au dispositif (et 2 milliards c'est bien la somme qu'on a attendu circuler dans l'entre-deux tours), on pourrait obtenir un gain net d'une centaine d'euros par mois, pour chaque salarié payé au SMIC. La proposition est sur la table.

Raté. L'INSEE l'a donc confirmé il y a quelques minutes: la France rate son objectif de réduction des déficits. Le gouvernement avait promis de les contenir à 4,1% du PIB. Selon l'INSEE, les déficits cumulés de l'Etat, de la Sécurité sociale et des collectivités locales se sont, finalement, fixés à 4,3%, fin 2013. On peut dire que la tendance est bonne (les déficits se réduisent, d'une année sur l'autre), mais le rythme n'est pas celui souhaité, ou celui annoncé. Surtout, l'objectif d'atteindre les 3%, l'année prochaine, comme la France l'a promis à Bruxelles ne paraît plus atteignable. Sauf à alourdir plus que prévu encore, ou accélérer le plan d'économies en préparation, les fameux 50 milliards.

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