On le dit depuis plusieurs semaines, mais c'est chaque jour un peu plus vrai : cette crise permet tout, notamment d'étonnants retournements idéologiques, d'étranges "têtes à queue" politiques. Hier, on a pu, ainsi, entendre Hervé Mariton, le très libéral député UMP, reprendre à son compte la proposition de Ségolène Royal, qui souhaite que l'Etat entre dans le capital des banques ! Pourquoi une telle convergence de vue arrive aujourd'hui ? C'est parce que le doute s'installe depuis quelques jours : le Plan de sauvetage des banques françaises ne serait-il pas en train d'échouer ? A la bourse par exemple, on voit que les titres des grandes banques françaises sont, depuis le début de cette semaine, soit franchement malmenées, soit délaissées par les investisseurs. Là, une interrogation : l'Etat vient de leur accorder 10 milliards d'euros pour renforcer leurs fonds propres. Plus 5 milliards de crédits mais est-ce suffisant ? La BNP, la Générale, le Crédit Agricole et les autres ne vont-elles pas taper, à nouveau bientôt, à la vitre du "guichet public" ? se demande le marché. L'autre interrogation est plus fondamentale : les banques jouent-elles le jeu ? Est-ce qu'elles accordent plus de crédits aux particuliers et aux entreprises ? Les PME, les ménages, depuis des semaines affirment que "non". Mais, les grandes entreprises, PSA, Véolia... à leur tour, trouvent leurs banques trop frileuses ! Oui, un "doute" s'installe... qui a poussé Nicolas Sarkozy hier a sermoner, une fois de plus, les banquiers et à les menacer : prêfets, trésoriers-payeur, "médiateur du crédit" vont traquer les scandales, affirme le Chef de l'Etat, qui va jusqu'à parler d'un "pacte moral" passé entre le pays et les banquiers, comme si le "doute" s'était immiscé jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. La hausse du chômage se poursuit, en France ! Les chiffres, publiés hier soir, montrent une augmentation de 0,4%, en septembre, du nombre des inscrits à l'ANPE, soit 8 000 demandeurs de plus en 1 mois. Les fins de mission d'interim et de contrats CDD s'accélèrent. Pour les mois à venir, c'est l'augmentation des licenciements économiques qui inquiète. Deux appels à la grève lancés hier. A la SNCF, d'abord, pour jeudi prochain, au sujet du fret. A Air France, ensuite : à partir de mardi et pour le reste de la semaine. Les syndicats entendent protester contre le relèvement de l'âge de départ à la retraite (à 65 ans) des hôtesses, stewarts et pilotes, relèvement que pourraient voter les députés aujourd'hui. Parachutes dorés. Hier, ces mêmes députés ont décidé de taxer les parachutes dorés mais seulement les gros "parachutes" de plus de 1 milions d'euros. En dessous, les indemnités de départ accordées aux patrons ne seront toujours pas soumises à cotisations sociales.

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