Par Régis Lachaud

« Super Trichet » sauveur de l'euro ces derniers mois ou, plus modestement, Jean Claude, fossoyeur de la croissance économique en Europe ces huit dernières années, comme certains l'affirment. Evidemment, l'histoire tranchera. Mais au jour de son départ de la direction de la Banque Centrale Européenne, Monsieur Trichet récolte une couronne de lauriers, pour la plupart sans épines. Témoin, ce titre du quotidien la Tribune ce matin: « Une BCE plus centrale que jamais ». Dans une interview publiée ce week-end par le Monde, Jean Claude Trichet revient sur son bilan. Notamment sur l'indépendance de la BCE qu'il estime « essentielle ». « Depuis le début de la crise en 2007, toutes nos décisions ont été prises en toute indépendance! » affirme-t-il.

Et sur le ralentissement de la croissance en Europe, il ne reconnaît pas vraiment d’erreurs, excepté sur l'énormité de certaines rémunérations dans la finance. Sur la politique de la BCE, qui lutte trop contre l'inflation et pas assez contre le chômage selon de nombreuses critiques, il évoque deux arguments. D'abord, les 332 millions de citoyens qui partagent l'euro sont attachés à la stabilité des prix, selon les enquêtes d'opinion. Ensuite, la zone euro a créé 14 millions d'emplois depuis sa création en 1999, contre seulement 7 millions aux Etats Unis. En fait, pour Jean Claude Trichet, la principale erreur concerne l'ensemble du secteur financier! Les banques et autres fonds d'investissements, « les bonus ne sont pas acceptés par nos démocraties (reconnait-il) le secteur financier doit changer ses valeurs ». Demain, Jean Claude Trichet sera officiellement remplacé par l'italien Mario Draghi. Avec, à la clé, un conflit feutré entre l'Italie et la France qui, du coup, n'aura plus de représentant au sein de la direction de la BCE, alors que l'Italie en a désormais deux. Nicolas Sarkozy ne décolère pas sur le sujet et les négociations continuent, en coulisses. Pour se consoler, le président français pourra toujours proposer du travail à l'ancien président de la BCE. « Je vais d'abord lire et méditer, mais je sais que je resterai actif » prévient Jean Claude Trichet dans le Monde. Le message est transmis.

La « prime dividendes » de 1000 euros promise au printemps dernier par Nicolas Sarkozy doit être négociée avant ce soir. Et, pour l'instant, c'est le plus souvent la "prime à la grimace". Imposée par la loi aux entreprises qui emploient au moins 50 salariés et qui versent des dividendes en hausse à leurs actionnaires, cette prime, quand elle existe, est le plus souvent très inférieure à mille euros, environ 300 en moyenne et parfois, moins de vingt euros.

Trafic toujours perturbé sur Air France. Au troisième jour de la grève des personnels navigants commerciaux, la direction se félicite d'avoir assuré 88% des vols hier mais le syndicat UNSA parle lui de 65% de grévistes parmi les hôtesses et stewards. Le préavis de grève est prévu jusqu'à mercredi soir!

Selon les Echos ce matin, le gouvernement réfléchit bien à une augmentation du taux réduit de TVA de 5 et demi à 7 pour cent. Pour les deux secteurs de l'hôtellerie-restauration et de la rénovation de logements. La mesure rapporterait un milliard d'euros l'an prochain à l'Etat.

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