Paul Mc Cartney était en concert avant-hier à Paris. Et une grande partie des chansons qu’il a interprétées sur scène ne lui appartiennent plus. A commencer par A Hard Day’s Night , le titre par lequel il a ouvert le concert.

Mais c’est la même chose pour Obladi Oblada ou Hey Jude . Des titres qui sont pourtant indissociables des Beatles, mais sur lesquels McCartney n’a plus aucun droit, il y en a des centaines.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Et bien des erreurs de jeunesse. Et une bonne grosse trahison.

Les Beatles en studio avec George Martin, 1966
Les Beatles en studio avec George Martin, 1966 © Domaine public / Capitol Records

La fausse note originelle dans la gestion de ces affaires remonte à 1963.

Cette année-là John Lennon, Paul McCartney, leur manager Brian Epstein et leur éditeur Dick James créent la maison Northern Discs .

Sauf que six ans plus tard, Dick James, revend ses parts à une firme anglais ATV, Associated Television Publishing. Un accord, qui dépossède Lennon et McCartney de leur droits.

Ils auront beau partir en croisade pour tenter de récupérer leurs plus grands tubes, ça ne marchera pas.

Même leur nouvelle structure Apple Corp tentera le rachat d’ATV…Encore un échec…

Et le pire est à venir, dans les années 80. Paul McCartney, très copain avec Michael Jackson lui dit un jour :

« Ah tu sais il y a un bon filon pour les années à venir, c’est le droit des chansons. »

Il avait le nez creux le chanteur, mais ce qu’il n’avait pas vu venir en revanche c’est que son pote allait racheter ses propres droits. C’est la trahison.

En 1985 Jackson, met presque 48 millions de dollars sur la table soit 43 millions d’euros et rachète la fameuse ATV, et donc le catalogue de son copain. Et il n’en reste pas là, Jackson, dix ans plus tard, il fusionne son catalogue avec celui de Sony, ce qui complique encore un peu plus l’affaire puisque le propriétaire des droits des Beatles a désormais deux têtes : c’est Sony-ATV.

Et quand, en 2006, Jackson, en plein tourmente financière, vend sa moitié de cette structure à Sony ça ne fait que déposséder les artistes encore un peu plus de leur création.

Mais il reste tout de même un dernier recours à McCartney, et il s'y est attelé à 74 ans. S’il s’y prend si tard c’est qu’il existe une règle aux Etats-Unis qui permet à l’artiste de récupérer ses droits 56 ans après la première édition de ses oeuvres. En décembre dernier, McCartney a donc lancé la procédure. 32 chansons peuvent désormais lui revenir, celles en théorie signées de son nom. Pour celles signées Lennon/McCartney, c’est plus complexe.

Mais au moins, cela lui permettra d’être plus serein le 10 juin prochain lors de la sortie de son best off : 67 titres post-Beatles qui ne lui appartiennent qu’à lui. Comme celui ci par exemple :

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.