Fruits légumes, produits laitiers, viande… Voilà maintenant 3 semaines que l’embargo russe est en vigueur, en réplique aux sanctions européennes. En Europe, les pays réagissent parfois de manière surprenante à cet embargo: c’est le cas en Pologne.

Pommes vertes
Pommes vertes © CC Fievet

"Mangez des pommes" : c’était le slogan percutant de Jacques Chirac pendant la campagne de 1995. Eh bien on retrouve aujourd’hui à peu près le même en Pologne en 2014 puisque la saison des pommes a commencé :« JEDZ JABLKA NA ZLOSC PUTINOWI », cela veut dire « Mangez des pommes contre Poutine ».

Car les Polonais se retrouvent avec sur les bras les 500 000 tonnes de pommes qu’ils exportaient tous les ans vers la Russie. Et ils ont décidé de les manger eux-mêmes. Campagne publicitaire dans les rues, campagnes de selfie sur les réseaux sociaux… Manger une pomme est devenu un engagement en faveur de la liberté de l’Ukraine.

Cela dit, en écouler 500 000 n’est pas chose facile : les producteurs cherchent donc à en envoyer 40 tonnes gratuites dans 40 écoles dans Kaliningrad, cette enclave russe au nord de la Pologne. Cela fait quand même 1 tonne de pommes dans chaque école. Il risque d’y avoir des indigestions…

Il y a « mangez des pommes », mais aussi « buvez du cidre »

Alors que les Polonais détestaient ça, voilà que le cidre polonais cartonne pour la même raison, toujours en signe de protestation politique. Dans les bars, on trouve même du cidre polonais au miel, le miel polonais lui aussi touché par l’embargo.

Et cela donne des idées aux producteurs Français…

Les Français sont confrontés au même problème que les Polonais, mais dans une moindre mesure. Ils exportaient 3 à 4% de leur production vers la Russie : ce sont tout de même 45 000 tonnes dont ils ne savent pas quoi faire.

Du coup, ils ne vont pas en faire du cidre, mais le président de l’Association nationale pommes poires (ANPP) appelle les Français à faire comme les Polonais: « Croquez la pomme faites-en des selfies et militez pour la paix commerciale! ».

Voilà qui ne va pas régler le fond du problème

Car Polonais, Français, Lettons, Espagnols et bien d’autres encore, se retrouvent en concurrence sur les autres débouchés : le marché anglais ou algérien.

C’est donc par ricochet que les Français vont payer le prix de l’embargo, puisque les Polonais risquent, eux, de tirer les prix vers le bas.

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