Après les propos de Pierre Gattaz qui appelait hier dans le Parisien Aujourd’hui en France à faire attention au programme du FN, le Front National réclame un débat sur ces questions. Vous êtes donc allée voir d’un peu plus près en quoi consiste le programme économique du parti.

En préambule, une petite précaution : que ce soit sur les dépenses ou sur les recettes, il faut savoir que le Front National ne les chiffre pas avec précision. Je vous donnerai donc les chiffrages du FN, quand il les fournit.

Première chose : la clé de voûte du programme économique du FN, c’est la ré-industrialisation de la France. Mettre les forces sur l’industrie alors que la tendance est à la désindustrialisation. Explication de Thibaut de la Tocnaye, l’un des économistes du Front : ce secteur résisterait mieux à la crise que le secteur des services.

Alors quelle industrie soutient-on ? Le secteur naval, l’automobile et l’aéronautique sont souvent mentionnés. Pour ce dernier, cela passerait notamment par le biais d’un avion supersonique, mais l’idée n’est pas développée.

Enfin, pour encourager les industriels à s’installer en région, un FIC, un Fond d’intervention pour la campagne, serait créé. De combien serait-il doté ? Là encore, pas de réponse en l’état.

En ce qui concerne la fiscalité, une promesse : rien ne bougerait. Stable sur 5 ans. En sachant que le FN supprime les niches fiscales. Toutes ? Lesquelles ? A voir. Et puis, il faut savoir que la ré-industrialisation passerait par une baisse de fiscalité sur les PMI et les PME, ainsi que par la création d’un fond pour drainer l’épargne privée vers les entreprises. En clair, si vous aidez par votre épargne une entreprise à décoller, vous payez moins d’impôts.

Coût de la mesure évaluée à 2,6 milliards financée par l’impôt sur les sociétés du CAC 40.

Un autre point qui passe mal auprès de Pierre Gattaz : les augmentations des salaires, de 200 euros allant jusqu’à 1,4 fois le SMIC. Une mesure, promet le FN, qui ne pèserait pourtant en rien sur les épaules des entreprises puisqu’elle serait entièrement financée par l’Etat.

Coût de la manœuvre selon l’eurodéputé FN Bernard Monot : 19 milliards d'euros. Comment on finance ?

D’abord, on augmente la TVA sur les produits de luxe (quels sont les produits considérés comme luxe ? Cela reste à voir). Ensuite, on met en place des quotas d’importation pour les produits chinois et ceux des pays de l’Est.

Mais la cagnotte du FN s’appelle la « Contribution sociale aux importations » : une taxe sur tous les produits qui ne sont pas Made in France. Ainsi qu’une taxe aux frontières pour tous les produits importés.

Début du casse-tête : quand vous avez un produit Made in France composé de pièces fabriquées à l’étranger, vous taxez ou vous ne taxez pas ? Et puis à quoi ressembleraient les représailles des pays qui exportent chez nous ? Le risque vaudrait le coup d’être évalué.

Moralité : pour répondre à toutes ces interrogations en suspend, un débat économique serait effectivement, plus qu’utile.

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