Vous savez ce que ça veut dire « Toulouse/to lose » en anglais ? Perdre !

Le 18 juin, à Toulouse, est organisée une conférence de l’échec. C’est en effet un phénomène qui se développe dans l’Hexagone. Il y a eu une conférence de l’échec il y a quelques jours à Grenoble, une autre est prévue à Paris en fin d’année et des projets sont en cours à Lille et à Lyon.

L’idée vient des Etats-Unis. Les « Fail Con » - contraction de « failure » et de « conférence » - sont des réunions où des chefs d’entreprises, notamment, viennent raconter leurs échecs . L’idée, c’est qu’on a tous beaucoup à apprendre des erreurs des autres pour se préparer au succès. Benjamin Böhle-Roitelet, qui organise la conférence de Toulouse, le résume d’une phrase très simple : « Quand on veut innover, il faut savoir se planter ». Pas de créativité sans prise de risque, et pas de prise de risque sans échec.

La première conférence de l'échec a eu lieu aux Etats-Unis en 2009, et depuis elle fait des émules un peu partout. En France, les premières étaient plutôt destinées aux patrons de start-up, mais le public s’élargit. La conférence de Toulouse s’adresse à toutes sortes d’entrepreneurs, mais aussi aux investisseurs, designers, etc. Parmi les intervenants, il y aura notamment Nikki Durkin. Cette australienne avait créé une société de partage de vêtements, pour offrir à ses clientes une garde-robe infinie. Résultat : un flop. Elle viendra raconter comment elle a surmonté cette épreuve. Et c’est notamment d’annoncer son échec à son entourage qui a été très difficile. Un haut fonctionnaire sera également au casting et puis un autre chef d’entreprise viendra expliquer pourquoi il n’aurait jamais dû créer son entreprise avec son frère. Il estime aujourd’hui que c’est l’une des raisons de l’échec de leur business. Ça veut dire qu’il ne faut jamais travailler en famille ? Pas du tout ! Cela dépend évidemment des situations.

FailCon Toulouse 2015
FailCon Toulouse 2015 ©

Mais tout l’intérêt de ces conférences, c’est d’entendre des témoignages qui alertent les entrepreneurs sur tel ou tel piège. D’ailleurs, LE piège le plus répandu, m’expliquait Benjamin Bôhle-Roitelet, c’est de croire qu’une bonne idée suffit pour lancer une affaire florissante. D’après lui, l’idée ne fait que 5% de la réussite. Il faut ensuite la confronter au marché, et parfois la faire évoluer même si on y est très attaché, ne pas s’accrocher à son idée par orgueil.

Mais en France, on est plutôt du genre à se faire toute une montagne d’un échec. L’échec est tabou. La meilleure preuve, c’est que la Fail Con de Toulouse, l’année dernière, avait eu tout le mal du monde à trouver des sponsors. Aucune entreprise ne voulait voir son nom associé à l’échec. Mais c’est en train de changer puisque cette année, l’organisateur de la Fail Con assure que c’est les sponsors qui sont venus vers lui, et pas l’inverse. L’échec, c’est chic. On commence à comprendre que le vrai échec n’est pas de chuter, mais de rester à terre sans se relever.

200 personnes sont attendues à la Fail Con de Toulouse le 18 juin prochain . Alors avis aux amateurs, les places coûtent 60 euros pour l’instant, 80 euros à partir de la semaine prochaine.

Et n’ayez plus peur de dire… « j’ai tout loupé ! »

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Le cinq sept 2013 - SON 1/3 ECO DU MATIN bravo 1

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