Le compte à rebours est lancé : plus que neuf jours avant l’Euro de Foot. Est-ce vraiment la promesse d’une relance de l’économie ?

Trois zéro après la virgule, ça, c’est le scénario optimiste avancé par les décideurs. Des chiffres qui s’appuient sur les calculs du CDES, le centre de droit et d’Economie du Sport de Limoges.

L’Euro de Foot va attirer un million de visiteurs étrangers venus spécialement pour les matchs. D’où un milliard 300 millions d’euros de dépenses supplémentaires et 26 000 emplois supplémentaires à temps plein. Des hommes et des femmes qui consommeront et feront donc rentrer de l’argent dans les caisse de l’État. Un petit pactole de 180 millions en rentrées fiscales.

Supporters de foot
Supporters de foot © Fotolia

Mais d’autres économistes se montrent plus que sceptiques . Le magazine Alternatives Économiques a notamment compilé les doutes de plusieurs d’entre eux. Et cela donne sérieusement à réfléchir :

D’abord assez logiquement, si l’on rapproche ce que va rapporter l’euro à ce que cela coûte de l’organiser, la balance penche sérieusement dans l’autre sens.

Qui a payé les stades? Qui a payé les routes et toutes les infrastructures pour accéder aux stades? Qui paie pour la sécurité des fans zones? Le contribuable.

Et à qui vont revenir les bénéfices directs de l’opération, soit un milliard 900 millions de recettes estimées ? La vente de billets, les droits télé, les sponsors ? À l’UEFA, l’Union Européenne des Associations de Football qui organise l’événement.

Lors des négociations signées sous la présidence de Nicolas Sarkozy, mais confirmées par François Hollande, l’UEFA a obtenu de ne payer aucun centime en impôts pour cette compétition . Cela représente 150 à 200 millions d’euros d’exonération.

Et l’UEFA a même poussé le ballon un peu plus loin encore : pour les collectivités locales qui voudraient faire profiter de la fête sur la place publique, elles devront payer une redevance supérieure à 1000 euros.

Au final, dix villes françaises (Saint-Denis, Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, entre autres) ont agrandi, rénové,

mis aux normes, ou même construit leur stade, quelquefois à grands renforts de partenariats publics privés pas toujours équilibrés.

Mais pas sûr que les contribuables s’y retrouvent… ce qui a conduit certains à renoncer à l’événement.

C’est le cas de Nantes, lorsque la ville a sorti sa calculatrice.

Même si l’UEFA distribué 20 millions d’euros pour développer le football amateur à ses hôtes, la ville a préféré passer son tour.

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