Amazon va proposer à ses salariés une prime pour partir. Prime notamment destinée aux salariés de ces entrepôts américains.

Ce matin, imaginez que vous recevez un courrier de votre employeur.

A votre grande surprise il vous propose de l’argent pour démissionner…

Mais bien sûr ce n’est pas son souhait, plaide votre employeur.

En titre, le courrier porte d’ailleurs la mention suivante: « Cher collaborateur, s’il vous plaît n’acceptez pas cette offre.»

C'est le type de lettre qu’Amazon s’apprête à envoyer aux hommes et aux femmes qui travaillent dans ses entrepôts. Idée directement inspirée de Zappos, le site internet de vente de vêtements en ligne qui l’a déjà mise en pratique auprès de ses collaborateurs.

La logique, expliquée par Jeff Bezos, le jeune patron d’Amazon est la suivante:

« Sur le long terme un salarié qui reste dans l’entreprise sans savoir s’il le souhaite réellement ce n’est ni sain ni pour lui ni pour l’entreprise » dit-il.

Une fois par an, la compagnie va donc proposer à ses salariés de la quitter contre un parachute doré miniature:

  • 1000 dollars la première année

  • 2000 dollars la suivante…et la somme peut monter jusqu’à 5000 dollars soit environ 3500 euros.

Le but, dit Bezos, est d’encourager ces personnes à prendre un moment pour réfléchir à ce dont ils ont vraiment envie sur le long terme. En revanche qui l’entreprise va-t-elle encourager à la quitter?

Le courrier sera-t-il envoyé à tous les collaborateurs ou seulement à ceux dont la direction pense qu’ils sont démotivés? Amazon peut-il faire ce genre de proposition à ses salariés français?

Cet argent peut-être versé lors d’une rupture conventionnelle de contrat.

C’est parfaitement légal. Mais Stéphane Boudin, avocat spécialisé dans le droit du travail, prévient : il faut être vigilant sur le contexte de votre départ.

Si vous êtes démotivé parce que votre travail même vous a épuisé, mieux vaut ne pas accepter le

Difficile en effet de revenir en arrière. Il faudra que le salarié explique qu’il n’a pas signé de son plein gré et que l’employeur lui a forcé la main. Et même si le salarié parvient à prouver qu’il était en conflit avec son patron au moment de la signature, qu’on lui a extorqué son consentement en quelque sort, cela ne suffit pas. Une jurisprudence de la cour de cassation vient de dire tout récemment la chose suivante:

Ce n’est pas parce que vous êtes parti en mauvais termes que vous avez subi une pression psychologique.

On le sait aujourd’hui grâce au travail de Jean-Baptiste Malet ou encore de la BBC qui s’est infiltrée dans les entrepôts d’Amazon.

La cadence y est très forte, la pression permanente. En Allemagne, une grève pour améliorer les conditions de travail des salariés est reconduite depuis plusieurs mois depuis Noël. Quand on est salarié d’Amazon, et qu’on reçoit ce type de courrier, difficile donc de ne pas voir dans cette proposition de départ …un sérieux avertissement.

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