Les Présidents et l'argent
Les Présidents et l'argent © / Planète+

Comment les chefs d’Etat se comportent-ils avec l’argent lors de leur passage à l’Elysée ? Avant l’affaire Cahuzac, y -a-t-il eu des présidents exemplaires ? « Les Présidents et l’argent », c’est le thème d’un documentaire à voir ce mercredi à 20h45 sur Planète+.

Les yeux dans les yeux : « je n’ai pas de compte en Suisse ». Pouvait-on faire pire qu’un ministre de l’Economie et des Finances qui dit lutter contre la fraude finale et qui possède son compte en Suisse ?

Et pourtant, quelques années auparavant, il y avait eu d’autres moments de sincérité télévisuelle, à propos des emplois fictifs à la mairie de Paris. Souvenez-vous, c’était sous Jacques Chirac, les archives de Jean-Claude Méry sauvegardées sur cassette, qui avaient donné lieu à ce moment assez créatif pour la langue française :

Pour cette affaire, Jacques Chirac sera condamné à 2 ans de prison avec sursis. Pour la première fois, on assiste à un système organisé de détournement d’argent public.

Pourtant, prédécesseurs de Jacques Chirac ont également vu éclater des affaires sous leur mandat.

Pour, Valéry Giscard d’Estaing, le premier riche à la tête de la France, son épine dans la Berlutti, ce seront les diamants de Bokassa à la télévision. Là encore, les journalistes l’interrogent. Crime de lèse-majesté répond en préambule Valéry Giscard d’Estaing qui se juge victime de diffamation avant de répondre ceci:

Sous Mitterrand, c’est encore un autre rapport à l’argent. On a ici à faire à un homme en apparence désintéressé, mais qui ne paie jamais rien. En particulier, le restaurant. Il y passe beaucoup de temps, en tête à tête, avec ses collaborateurs, mais l’addition n’est jamais pour lui.

La raison en est simple: François Mitterrand ne transporte jamais de portefeuille et ses collaborateurs payent pour lui. Régler la note, c’est le rôle dévolu le plus souvent à François de Grossouvre. Pour Mitterrand, l’argent devait servir à la culture.

Il y a fait une volonté d’élévation chez celui qui a fait payer au contribuable sa double vie et la sécurité de sa fille cachée.

De tous, Sarkozy serait le Président qui dénote le plus dans son rapport à l’argent.

Il y a une scène assez parlante dans le documentaire. Pour montrer qu’il est proche du milieu du travail, Nicolas Sarkozy visite une manufacture de sacs en cuir. Enfin… Pas n’importe quels sacs en cuir, des sacs Vuitton: le Président regarde attentivement les piqués de l’aiguille de l’ouvrière et quand on lui offre à la sortie un sac grand format de la marque, il s’exclame triomphant: « C’est Carla qui va être contente ».

On a là le premier président qui adore l’argent et du Fouquet’s au yacht de Bolloré, aime à le montrer.

Finalement le modèle le plus vertueux reste Charles de Gaulle.

Là encore, ce sont quelques anecdotes qui disent tout du personnage: le Général de Gaulle avait fait mettre un compteur électrique à l’Elysée. Pour mesurer sa consommation personnelle. Hors de question de la faire porter aux contribuables.

Même chose quand un traiteur propose à Yvonne de Gaulle d’envoyer sa facture à l’Elysée. Les victuailles sont destinées à un dîner privé à Colombey-les-deux-Eglises : Madame de Gaulle s’offusque et réclame de payer note.

Dommage, le documentaire ne dit pas ce qu’est devenu le compteur électrique.

« Les Présidents et l’argent », réalisé par Lucie Cariès, produit par Guillaume Galliot et Thibaut Chatel adapté par Hélène Jouan, à voir ce mercredi à 20h45 sur Planète +.

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